À Kinshasa, l’acquisition d’une parcelle de terrain peut rapidement se muer en cauchemar, révélant des failles profondes du système judiciaire congolais. La juriste Me Grâce Tshiunza Tantamika rappelle que les poursuites judiciaires, bien que nécessaires, ne suffisent pas à éradiquer la spoliation foncière. Elle insiste sur la nécessité de lutter contre l’impunité qui alimente ce phénomène.
Un marché immobilier sous tension à Kinshasa
Le contexte urbain de la capitale congolaise rend l’achat de terrain particulièrement risqué. Les acquéreurs, souvent des particuliers ou des petites entreprises, se retrouvent confrontés à des revendications de propriété inattendues, parfois soutenues par des acteurs puissants. Cette situation crée un climat d’incertitude qui freine les investissements et compromet la sécurité juridique des propriétaires.
Les poursuites judiciaires jugées insuffisantes
Selon Me Grâce Tshiunza, les actions en justice engagées contre les cas de spoliation ne sont qu’une réponse partielle. Les procédures sont longues, coûteuses et, dans de nombreux cas, aboutissent à des décisions qui ne découragent pas les auteurs de ces pratiques. La juriste souligne que la simple sanction des coupables ne suffit pas à restaurer la confiance dans le système foncier.
Vers une lutte contre l’impunité
Le plaidoyer de Me Tshiunza se concentre sur la nécessité de rompre le cercle de l’impunité. Elle préconise une mobilisation des autorités publiques, des organisations de la société civile et des acteurs du secteur privé afin de mettre en place des mécanismes de prévention, de suivi et de sanction plus efficaces. L’objectif est de garantir que chaque violation du droit de propriété soit réellement sanctionnée, décourageant ainsi les futurs abus.
Implications pour les décideurs et les investisseurs
Pour les décideurs politiques, la question de la spoliation foncière représente un défi de gouvernance : il s’agit de renforcer le cadre légal, d’améliorer la transparence des registres fonciers et d’assurer une application rigoureuse des lois. Les investisseurs, quant à eux, doivent prendre en compte ce risque supplémentaire lorsqu’ils envisagent des projets immobiliers à Kinshasa, en s’appuyant sur des due‑diligence renforcées et en recherchant des garanties contractuelles solides.