Face à l'imminence de la saison des pluies, les autorités congolaises multiplient les inspections sur les chantiers de lutte antiérosive à Kinshasa. Le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, a récemment évalué l'avancement des ouvrages critiques visant à sécuriser les zones vulnérables de la capitale.
Avancement des travaux au site Bolikango
Le site érosif de Bolikango, situé dans le quartier Lalou, constitue l'un des points névralgiques de cette intervention. À ce jour, les travaux affichent un taux de réalisation de 51,9 %. L'entreprise Aaron Sefu a déjà érigé 980 mètres de collecteurs et s'est engagée à finaliser les 700 mètres restants d'ici décembre. L'objectif est de stabiliser les talus pour contrer sept têtes d'érosion actives. Par ailleurs, l'Agence congolaise de grands travaux (ACGT) prévoit d'aménager deux voies perpendiculaires pour renforcer la structure du quartier Kimbembe et créer une nouvelle liaison routière vers le quartier Jamaïque.
Gestion des eaux sur le campus de l'UNIKIN
Sur le Plateau des professeurs, au sein de l'Université de Kinshasa, l'enjeu est de restaurer la maîtrise du drainage des eaux. Un bassin de rétention provisoire d'une capacité de 6 000 m³ est en cours de construction par COGELOS. Cet ouvrage est conçu pour pallier la défaillance de l'ancien système hydraulique, qui comptait autrefois treize bassins. Cette infrastructure est intégrée au projet plus large de réhabilitation de l'Intendance générale de l'université, visant à mieux canaliser les volumes d'eau massifs qui descendent du plateau.
Sécurisation des zones à risque et responsabilité citoyenne
La vigilance reste de mise dans d'autres secteurs, notamment au niveau du site Camping dans la commune de Selembao, où une intervention d'urgence a été ordonnée pour stopper la progression d'un ravin menaçant les habitations. Le ministre a souligné que la pérennité de ces infrastructures dépend également du comportement des riverains. Il a lancé un appel à la responsabilité des populations locales, les exhortant à cesser le déversement d'immondices dans les collecteurs. Cette pratique, en obstruant les systèmes de drainage, aggrave considérablement les risques d'inondations lors des fortes précipitations, mettant en péril les investissements publics et la sécurité des foyers environnants.