La mosquée de Tafory Météo, à Kindia, est devenue un symbole des tensions entre croissance démographique et insuffisance des infrastructures religieuses en Guinée. À l’occasion du Maouloud, les fidèles ont lancé un appel urgent pour son agrandissement, alors que les conditions de prière se dégradent.
Une mosquée saturée, des fidèles contraints de prier dehors
Le quartier de Tafory Météo, dans la commune urbaine de Kindia, compte aujourd’hui une population bien plus nombreuse que lors de la construction de sa mosquée. Lors des grandes prières ou des célébrations comme le Maouloud, l’espace intérieur ne suffit plus à accueillir tous les fidèles. Beaucoup se retrouvent contraints de prier à l’extérieur, exposés aux intempéries et aux aléas climatiques. Cette situation, devenue récurrente, illustre l’écart croissant entre les besoins d’une communauté en expansion et les capacités limitées de son lieu de culte.
Des infiltrations d’eau qui aggravent les difficultés
Au-delà de la question de l’espace, la mosquée souffre d’un état structurel préoccupant. La toiture, composée de tôles usées, laisse régulièrement passer l’eau de pluie, rendant les conditions de prière insalubres. Les tapis de prière sont fréquemment mouillés, et une odeur nauséabonde se dégage des plafonds humides et percés. Pour les fidèles, ces conditions rendent la prière non seulement inconfortable, mais aussi peu respectueuse des rites religieux. L’imam du quartier, Alhousseny Kourouma, a souligné l’urgence de ces travaux, qualifiant la situation de « très difficile » en cette saison des pluies.
Un appel à la solidarité pour un projet d’agrandissement
Face à cette crise, les responsables religieux et les habitants de Tafory Météo ont lancé un appel à l’aide pour financer la réhabilitation et l’agrandissement de la mosquée. Lors des célébrations du Maouloud, une collecte de fonds a été organisée, avec la participation de personnalités locales comme l’honorable Youssouf Kaba. L’objectif n’est pas seulement d’améliorer le confort des fidèles, mais de doter le quartier d’un lieu de prière adapté à sa démographie actuelle. Maciré Keïta, responsable de la jeunesse du quartier, a rappelé que cette mosquée, autrefois suffisante, ne répond plus aux besoins d’une population en constante croissance. Le projet, s’il aboutit, pourrait devenir un modèle pour d’autres communautés confrontées aux mêmes défis.