Le gouvernement rwandais a formellement récusé toute responsabilité dans l'instabilité persistante en République démocratique du Congo (RDC), qualifiant la crise de problématique strictement interne aux Congolais. Cette déclaration intervient alors que les États-Unis ont intensifié leur pression diplomatique et financière sur Kigali, ciblant directement des institutions stratégiques du pays.
La position de Kigali sur la crise sécuritaire
En marge du sommet Russie-Afrique à Moscou, le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a réaffirmé que le Rwanda ne saurait être tenu pour responsable des dynamiques politiques et sécuritaires congolaises. Face aux allégations liant Kigali à l'ancien président Joseph Kabila et à son rapprochement supposé avec le M23, le chef de la diplomatie rwandaise a balayé l'idée d'une ingérence, insistant sur le fait que ces tensions relèvent d'un dialogue politique devant être tranché exclusivement entre acteurs congolais. Cette ligne de défense s'inscrit dans un contexte où le Rwanda continue de nier tout soutien militaire au M23, malgré les rapports contradictoires émanant d'experts des Nations Unies.
Le Trésor américain cible l'appareil financier rwandais
Le 28 octobre 2026, Washington a franchi une nouvelle étape en imposant des sanctions contre le ministère rwandais de la Défense et la Zigama Credit and Savings Society. Selon le Trésor américain, cette institution financière aurait servi de canal pour le financement d'équipements militaires et la facilitation du commerce d'or extrait de zones sous contrôle du M23. Ces mesures, qui gèlent les avoirs des entités concernées sous juridiction américaine et interdisent toute transaction avec des citoyens ou entreprises des États-Unis, visent à contraindre Kigali à retirer ses troupes de l'est de la RDC.
Un dialogue de sourds sur les responsabilités régionales
La porte-parole du gouvernement rwandais, Yolande Makolo, a vivement critiqué ces sanctions, les qualifiant de mesures « à sens unique ». Kigali maintient que la résolution du conflit exige la neutralisation des FDLR, une milice que le Rwanda accuse Kinshasa de soutenir. Cette rhétorique, déjà déployée lors des précédentes sanctions contre l'armée rwandaise en mars 2026, souligne l'impasse diplomatique actuelle. Alors que Washington exige un désengagement total, Kigali continue de dénoncer une lecture biaisée de la réalité du terrain, renvoyant la responsabilité de la sécurité régionale aux autorités congolaises.