Kiala : un nouveau label éditorial pour corriger la sous-représentation des auteurs noirs au Portugal

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 46 lectures
Kiala : un nouveau label éditorial pour corriger la sous-représentation des auteurs noirs au Portugal

Le label Kiala, lancé en mai dernier au Portugal, s'est donné pour mission de rééquilibrer le marché éditorial en publiant exclusivement des auteurs noirs. Loin de vouloir créer un ghetto littéraire, cette initiative d'action affirmative vise à corriger une sous-représentation structurelle constatée par sa fondatrice, Elga Fontes, tout en normalisant la présence de ces voix dans les librairies traditionnelles.

Une réponse à une carence structurelle

L'idée de Kiala a germé après une analyse approfondie du marché portugais, où Elga Fontes a observé que moins de 10 % des ouvrages publiés sur une période de trois ans étaient signés par des auteurs non blancs. Face à ce constat, le label ne se veut pas une critique du secteur, mais un catalyseur. La fondatrice souligne que le problème n'est pas lié à un acteur unique, mais à un écosystème fragile où les éditeurs privilégient souvent des titres jugés « commerciaux » et conformes à une norme établie, excluant de fait une diversité de perspectives.

Dépasser les stéréotypes littéraires

L'un des piliers de Kiala est de briser l'association automatique entre auteurs noirs et récits centrés sur la douleur ou le racisme. Le label revendique une approche universelle, sélectionnant des œuvres pour leur qualité intrinsèque et leur capacité à lancer des débats. Qu'il s'agisse d'essais sur le féminisme, comme celui de l'Américaine Mikki Kendall, ou de romans explorant l'identité et la famille, comme ceux du Nigérian Akwaeke Emezi, Kiala cherche des textes qui résonnent durablement avec le public portugais, indépendamment de leur thématique.

Une ambition de normalisation

Kiala s'inscrit dans une lignée internationale de maisons d'édition engagées, telles que Présence Africaine à Paris ou Malê au Brésil. Pour Elga Fontes, l'objectif ultime est paradoxal : rendre son propre label obsolète. En intégrant les circuits de distribution classiques et en encourageant une plus grande diversité dans les équipes de production — traducteurs, designers, correcteurs —, Kiala espère que la présence d'auteurs noirs deviendra, à terme, une réalité banale et non plus une exception. Le label prévoit d'élargir son catalogue aux auteurs portugais dès 2028, tout en maintenant une exigence de qualité éditoriale rigoureuse.

Le Briefing KUMBA

L'essentiel de l'actu panafricaine, chaque matin par email.

Discussion

Commentaires

Les commentaires sont modérés avant publication. Respectez les personnes et le débat.

Aucun commentaire publié pour le moment.

Soyez le premier à participer à la discussion.

Votre pays

KUMBA priorisera les contenus de ce pays.

Aucun pays trouvé.