Le Comité de sécurité de l'État de Khartoum a officiellement mis fin, le 27 août, à l'état d'urgence en vigueur dans la capitale soudanaise depuis plus de deux ans. Cette décision marque une étape symbolique dans le processus de normalisation engagé par les autorités après la reprise de la ville par l'armée en avril 2024.
Levée du couvre-feu et maintien des contrôles
La fin du régime d'exception se traduit concrètement par la suppression du couvre-feu, permettant aux habitants de circuler et de travailler sans contrainte horaire. Toutefois, cette liberté retrouvée reste encadrée : le port des documents d'identité est désormais obligatoire pour tous les résidents, tandis que des patrouilles et des points de contrôle militaires demeurent actifs à travers la ville. Les restrictions d'accès à la capitale pour les ressortissants étrangers, voyageant par voie terrestre, restent également en vigueur en l'absence d'autorisations spécifiques.
Un retour à la normale entravé par les infrastructures
Malgré cette mesure, la situation sur le terrain demeure précaire. Si le retour progressif des déplacés, estimé à près de 3 millions de personnes par les Nations unies, témoigne d'une volonté de reconstruction, les services de base font cruellement défaut. Le secteur de l'énergie est particulièrement touché, avec des délestages électriques pouvant atteindre 18 heures par jour dans certains quartiers, selon les données du ministère soudanais de l'Énergie. Les acteurs de la société civile soulignent que la levée des mesures sécuritaires ne suffit pas à compenser la destruction massive des infrastructures urbaines.
Le poids de la crise humanitaire
Cette évolution administrative intervient dans un contexte national marqué par l'une des crises humanitaires les plus graves au monde. Le conflit, qui dure depuis plus de trois ans, a provoqué le déplacement de plus de 12 millions de Soudanais et causé des dizaines de milliers de décès. La normalisation de la vie à Khartoum, amorcée par le retour du gouvernement en janvier et la réouverture de l'aéroport en avril, se heurte ainsi à l'ampleur des besoins humanitaires et à une situation sécuritaire qui, bien qu'assouplie, reste sous le contrôle étroit des autorités militaires.