Kenya : un méga-centre de données menace-t-il l'équilibre hydrique de Naivasha ?

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 22 lectures
Kenya : un méga-centre de données menace-t-il l'équilibre hydrique de Naivasha ?

Le projet de méga-centre de données Microsoft-G42 à Olkaria, près du lac Naivasha, cristallise les tensions entre ambition technologique et préservation des ressources hydriques. Alors que le Kenya mise sur l’intelligence artificielle pour son développement, les communautés locales s’inquiètent des conséquences sur leur accès à l’eau, déjà menacé.

Un projet phare sous le feu des projecteurs

Annoncé en 2024 dans le cadre d’un investissement de 1 milliard de dollars, le centre de données Olkaria EcoCloud devait être alimenté à 100 % par l’énergie géothermique, une ressource abondante dans la région. Pourtant, son avenir reste incertain depuis mai 2026, en raison de contraintes liées à la capacité électrique disponible. Les promoteurs, Microsoft et le groupe émirati G42, n’ont pas révélé de données précises sur sa consommation hydrique, malgré les promesses de technologies de conservation d’eau.

Naivasha, un lac sous tension

Le lac Naivasha, source vitale pour l’agriculture, le tourisme et les populations locales, subit déjà les effets de la croissance démographique, des variations climatiques et de la surexploitation. Grace Kimani, responsable de la surveillance du lac, souligne que l’ajout d’un utilisateur industriel majeur pourrait aggraver la pression sur les ressources, surtout en période de sécheresse. Les inquiétudes portent notamment sur l’absence de transparence concernant les besoins en eau du projet et les technologies de refroidissement envisagées.

Des voix locales divisées

Si certains, comme Absolom Mukhuusi de l’Association professionnelle de Naivasha, voient dans ce projet une opportunité économique, d’autres expriment des craintes légitimes. Isaac Leshishi, éleveur pastoraliste, redoute que les communautés ne deviennent les perdantes face aux multinationales : « Nous craignons que, à long terme, nous soyons les grands perdants dans cette compétition pour l’eau. » Les agriculteurs, comme Eskimos Kobia, s’interrogent également sur l’impact sur leurs activités, déjà fragilisées par la raréfaction de l’eau.

Un équilibre à trouver entre innovation et durabilité

Les experts, comme le géologue Kenyatta Otieno, soulignent que le projet pourrait intégrer des solutions innovantes, comme un centre de surveillance des niveaux d’eau et des conditions climatiques. Une telle approche permettrait d’optimiser la gestion des ressources et de servir de modèle pour les futurs développements. Cependant, les régulateurs kényans, tels que l’Autorité des ressources en eau (WRA) et l’Agence nationale de gestion de l’environnement (NEMA), n’ont pas encore communiqué sur les garanties environnementales requises pour un tel projet.

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