Un an avant le scrutin présidentiel de 2027, les organisations de défense des droits humains alertent sur l’essor des 'goons', ces milices politiques recrutées pour déstabiliser les opposants et perturber les rassemblements. Leur rôle croissant, déjà observé lors des récentes manifestations contre le gouvernement, soulève des craintes sur l’intégrité du processus électoral.
Un phénomène historique qui s’amplifie
Les 'goons' ne sont pas une nouveauté au Kenya. Historiquement utilisés par des responsables politiques pour intimider ou manipuler les électeurs, ces groupes ont vu leur influence grandir ces dernières années. Leur recrudescence récente coïncide avec les grandes mobilisations citoyennes contre le pouvoir en place, révélant une stratégie délibérée de contrôle social. Ces milices, souvent composées de jeunes désœuvrés, agissent en marge de la loi, exploitant les failles du système judiciaire pour échapper à toute sanction.
Leur modus operandi repose sur l’infiltration des rassemblements, la diffusion de fausses informations et l’usage de la violence pour étouffer toute opposition. Les ONG soulignent que ces pratiques, bien que tolérées par certains acteurs politiques, sapent les fondements démocratiques du pays et risquent de plonger le Kenya dans un cycle de tensions préélectorales.
Un risque pour la démocratie et la stabilité régionale
L’escalade de la violence politique avant 2027 pose un défi majeur pour les institutions kényanes. Les observateurs craignent que l’usage systématique des 'goons' ne dégrade davantage le climat social, déjà fragilisé par des inégalités économiques et des clivages ethniques persistants. Les élections de 2017 et 2022 avaient déjà été marquées par des violences post-électorales, faisant des centaines de morts et des milliers de déplacés.
Au-delà des frontières kényanes, cette dérive interroge sur la stabilité de la région. Le Kenya, considéré comme un acteur clé en Afrique de l’Est, joue un rôle diplomatique et économique majeur. Une instabilité prolongée pourrait avoir des répercussions sur les échanges commerciaux et les flux migratoires, affectant indirectement les pays voisins. Les ONG appellent à une réponse urgente des autorités pour encadrer ces pratiques et garantir des élections libres et transparentes.