Kenya : le tribunal condamne le prédicateur Paul Makenzi, chef du régime de jeûnes mortels à Shakahola

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 18 lectures
Kenya : le tribunal condamne le prédicateur Paul Makenzi, chef du régime de jeûnes mortels à Shakahola

Le tribunal kényan a confirmé la responsabilité de Paul Makenzi, chef d’un groupe religieux qui a imposé des jeûnes mortels dans la forêt de Shakahola, près de Malindi. La décision, rendue par la juge Kavedza Mochache, intervient alors que le ministre de l’Intérieur, Kithure Kindiki, inspecte les fosses communes où les victimes ont été exhumées.

Le procès de Paul Makenzi devant la justice kényane

Lors de l’audience, la juge Kavedza Mochache a souligné que les investigations avaient établi que Makenzi était le « chef du régime de jeûne » et qu’il définissait les modalités du jeûne imposé à ses adeptes. Le tribunal a ainsi reconnu son rôle de commandement dans l’organisation qui a conduit à la mort de nombreux fidèles, sans toutefois détailler le nombre exact de victimes. Cette condamnation marque la première fois qu’un leader religieux est tenu pénalement responsable d’un tel dispositif de privation volontaire de nourriture.

Le rôle de l’État : visite du ministre de l’Intérieur

Le même jour, le ministre de l’Intérieur, Kithure Kindiki, s’est rendu sur le site de la forêt de Shakahola, où des équipes de travailleurs creusent pour exhumer les corps découverts dans des fosses communes. Sa présence vise à montrer l’engagement du gouvernement à enquêter sur les circonstances de ces décès et à rassurer la population sur la capacité de l’État à intervenir face à des dérives sectaires. La visite souligne également la dimension sécuritaire du dossier, au croisement du droit pénal et de la protection des citoyens contre des pratiques religieuses extrêmes.

Enjeux pour la régulation des mouvements religieux et la sécurité publique

Cette affaire relance le débat sur la nécessité d’un cadre juridique plus strict encadrant les organisations religieuses au Kenya. Les autorités sont désormais confrontées à la question de savoir comment prévenir la mise en place de pratiques dangereuses tout en respectant la liberté de culte. Le verdict contre Makenzi pourrait servir de précédent pour d’autres enquêtes similaires, incitant les législateurs à envisager des mesures de surveillance accrue, des contrôles sur les rassemblements et une meilleure coordination entre les services de santé et les forces de l’ordre. Au-delà du volet judiciaire, le drame de Shakahola rappelle l’importance d’une sensibilisation communautaire afin d’éviter que des croyances extrémistes ne se traduisent en tragédies humaines.

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