Le gouvernement kényan a annoncé de nouvelles directives visant à expulser les petits commerçants étrangers dépourvus de documents légaux. Cette décision a immédiatement déclenché une vague de réactions de la part du monde politique et de la société civile, qui redoutent une montée de la xénophobie et des répercussions sur les relations au sein de la Communauté des États d’Afrique de l’Est (EAC).
Des directives ciblant les commerçants informels sans papiers
Les autorités kényanes ont précisé que les mesures concernent les vendeurs de petite taille qui opèrent sans titre de séjour ou permis de travail. L’objectif affiché est de renforcer le contrôle de l’immigration et de protéger le marché local contre ce que le gouvernement perçoit comme une concurrence déloyale. Aucun chiffre officiel n’a été communiqué sur le nombre de commerçants concernés, mais la mesure s’inscrit dans un contexte où le secteur informel représente une part importante de l’économie urbaine.
Réactions du monde politique et de la société civile
Le mardi 8 septembre, une avalanche de communiqués a été publiée par des partis politiques, des parlementaires et des organisations de la société civile. La plupart dénoncent la mesure comme étant discriminatoire et alarmante du point de vue des droits humains. Les critiques soulignent le risque d’alimenter un climat de xénophobie, rappelant les tensions observées en Afrique du Sud où des pressions anti‑immigrés ont conduit au départ de centaines de milliers d’étrangers ces derniers mois. Certains acteurs politiques appellent à un dialogue inclusif afin de concilier exigences légales et protection des moyens de subsistance des migrants.
Conséquences potentielles pour l’intégration régionale et l’investissement
Au-delà du débat interne, les nouvelles directives pourraient affecter la position du Kenya au sein de l’EAC. Une politique perçue comme hostile aux ressortissants des pays voisins risque de compliquer les flux commerciaux transfrontaliers, essentiels à la dynamique de l’intégration régionale. Les investisseurs étrangers, déjà attentifs aux cadres réglementaires, pourraient également réévaluer leurs projets si le climat d’incertitude s’accentue. Bien que le gouvernement n’ait pas encore indiqué de mesures d’accompagnement pour les commerçants expulsés, les organisations de défense des droits humains demandent la mise en place de solutions alternatives, telles que la régularisation ou la formation à l’entrepreneuriat formel.