Le 3 septembre 2026, le Comité technique provincial de la sécurité alimentaire du Kénédougou s’est réuni à Orodara pour analyser le rôle des routes dans la chaîne de valeur agricole et définir des actions concrètes afin de renforcer la sécurité alimentaire de la province.
Une session placée sous le signe de la mobilité rurale
Présidée par Biombo Kahoun, directeur provincial chargé de l’Agriculture, la réunion a rassemblé les membres statutaires du comité autour du thème « Contribution des infrastructures routières dans l’écoulement des produits agricoles dans la province : état des lieux, défis et perspectives ». Les participants ont rappelé que la plupart des exploitations du Kénédougou dépendent d’un réseau routier souvent impraticable pendant la saison des pluies, ce qui freine l’accès aux marchés régionaux et nationaux.
Routes praticables, revenus agricoles : les constats du comité
Selon les échanges, des routes en bon état permettent de réduire les pertes post‑récolte de 15 à 20 % en limitant les délais de transport et les dommages aux produits. Cette amélioration se traduit directement par une hausse des revenus des petits producteurs, estimée à 10 % dans les zones où les voies d’accès sont régulièrement entretenues. Le comité a également souligné que la fluidité du trafic facilite la distribution de denrées alimentaires dans les zones urbaines, contribuant ainsi à la stabilité des prix et à la sécurité nutritionnelle des ménages.
Évaluation des actions passées et nouvelles orientations
Le bilan des activités menées en 2025 a été passé en revue : travaux de réhabilitation de 45 km de routes secondaires, mise en place de points de contrôle pour la qualité des produits transportés et formation de coopératives à la logistique. Les recommandations de l’an passé ont été partiellement mises en œuvre, mais des retards subsistent, notamment dans le financement des projets d’entretien périodique. Face à ces lacunes, le comité a adopté de nouvelles mesures visant à renforcer la coordination entre les services agricoles, les collectivités locales et les partenaires techniques, ainsi qu’à créer un fonds provincial dédié à la maintenance routière.
Implications pour la politique agricole régionale
Les conclusions de la session soulignent que les infrastructures routières ne sont pas seulement un enjeu de transport, mais un levier essentiel pour la compétitivité du secteur agricole du Kénédougou. En intégrant la mobilité dans les stratégies de développement rural, les autorités provinciales espèrent réduire la vulnérabilité des agriculteurs face aux aléas climatiques et aux fluctuations du marché. Le comité a appelé le gouvernement central à prioriser le financement des corridors logistiques afin d’assurer une chaîne d’approvisionnement résiliente et de soutenir la croissance économique du Sud‑Ouest burkinabé.