La cheffe du Parti conservateur, Kemi Badenoch, a vivement critiqué les pratiques de communication de Reform UK, dénonçant des interdictions d'accès imposées à certains médias. Cette sortie politique intervient alors que la transparence financière du parti de Nigel Farage est au cœur des débats suite à la publication des derniers chiffres de la Commission électorale.
Une domination financière sous surveillance
Les données publiées par la Commission électorale pour le deuxième trimestre 2026 révèlent une dynamique financière singulière pour Reform UK. Le parti a déclaré un total de 5,3 millions de livres sterling de dons, devançant largement le Parti travailliste, qui affiche 3,6 millions, et le Parti conservateur, limité à 2,8 millions. Cette avance place la formation de Nigel Farage en tête des levées de fonds sur la période, suscitant des interrogations sur la provenance de ces ressources.
Le profil controversé du principal donateur
L'essentiel des fonds récoltés par Reform UK provient d'un don unique de 4 millions de livres sterling versé par le milliardaire britannique Ben Delo. Ce soutien financier est scruté en raison du passé judiciaire du donateur : Ben Delo a été condamné aux États-Unis pour son incapacité à mettre en œuvre des contrôles suffisants contre le blanchiment d'argent au sein de son entreprise de cryptomonnaies. Ce lien financier direct avec une figure condamnée pour des manquements réglementaires alimente les critiques sur l'éthique de financement du parti.
Tensions sur la liberté d'informer
Au-delà de la question des fonds, Kemi Badenoch a fustigé l'attitude de Reform UK vis-à-vis des journalistes, qualifiant d'« autoritaires » les interdictions d'accès imposées par le parti à certains organes de presse. Pour la leader conservatrice, ces mesures visent à éviter des questions complexes sur la gestion des finances du parti. Elle a souligné que l'exercice de la fonction politique implique nécessairement une reddition de comptes face aux médias, estimant que l'incapacité à répondre aux interrogations sur l'origine des fonds est incompatible avec les exigences de la vie publique.