Katsina : la malnutrition infantile reste une urgence sanitaire majeure malgré une légère décrue

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 17 lectures
Katsina : la malnutrition infantile reste une urgence sanitaire majeure malgré une légère décrue

Entre janvier et août 2026, plus de 87 000 enfants ont été pris en charge pour malnutrition aiguë dans les centres thérapeutiques de Médecins Sans Frontières (MSF) dans l'État de Katsina, au Nigeria. Bien que ce chiffre marque une baisse par rapport à la même période en 2025, la situation demeure extrêmement préoccupante, les niveaux de prévalence restant supérieurs à ceux observés il y a deux ans.

Des facteurs structurels persistants

La crise nutritionnelle dans le nord du Nigeria est alimentée par une conjonction de facteurs critiques : pauvreté, inflation galopante, insécurité persistante et aléas climatiques extrêmes. Ces éléments ont durablement perturbé les cycles agricoles et restreint l'accès aux denrées alimentaires pour les populations les plus vulnérables. MSF souligne également la difficulté de diagnostic du kwashiorkor, une forme sévère de malnutrition provoquant des œdèmes, qui retarde souvent la prise en charge médicale des enfants.

L'impact du retour à la terre et des interventions publiques

La légère diminution des admissions enregistrée cette année s'explique en partie par une amélioration relative de la sécurité dans certaines zones comme Jibia et Batsari. Ce retour au calme a permis à de nombreuses familles déplacées de regagner leurs foyers et de reprendre leurs activités agricoles, facilitant ainsi un meilleur accès à l'alimentation. Parallèlement, le gouvernement de l'État de Katsina a multiplié par dix son réseau de centres de traitement ambulatoire, passant de quelques unités en 2021 à environ 400 en 2026, avec le soutien technique de MSF.

Le défi du financement et de la pérennité

Pour renforcer la réponse à cette crise, l'État de Katsina a alloué un milliard de nairas à la lutte contre la malnutrition, un engagement que l'UNICEF s'est engagé à accompagner par un fonds équivalent. Toutefois, la pérennité de ces soins reste menacée par des pénuries récurrentes d'aliments thérapeutiques prêts à l'emploi et par le désengagement financier de plusieurs bailleurs internationaux, notamment les États-Unis, la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni. À l'échelle nationale, la situation reste alarmante : selon la Nutrition Society of Nigeria, près de deux millions d'enfants souffriraient de malnutrition aiguë sévère, dont seulement 20 % bénéficient d'un traitement adéquat.

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