Le gouverneur du Kasaï-Oriental a suspendu, fin juillet, un arrêté controversé autorisant le lotissement d’un terrain appartenant à la Société minière de Bakwanga (MIBA) à Mbuji-Mayi. Cette décision, qui concerne un espace stratégique entre le Guest Lusambo et l’avenue de la Coopération, relance le débat sur la gestion des ressources foncières et minières dans une région déjà fragilisée par des tensions locales.
Un conflit foncier aux racines économiques et politiques
Le terrain en question, situé dans le quartier Kasaï de la commune de la Kanshi, est au cœur d’une rivalité entre les autorités provinciales et la MIBA, entreprise historique de l’exploitation diamantifère en RDC. L’arrêté annulé prévoyait sa division en parcelles constructibles, une mesure perçue comme une tentative de réappropriation des terres minières par les pouvoirs locaux. Cette décision s’inscrit dans un contexte où les gouvernorats cherchent à renforcer leur contrôle sur les ressources stratégiques, souvent au détriment des acteurs historiques du secteur.
Les tensions autour de la gestion foncière à Mbuji-Mayi ne sont pas nouvelles. La ville, cœur de l’industrie diamantaire congolaise, a vu ses espaces urbains et périurbains se densifier sous la pression des activités minières et des besoins en logements. L’annulation de ce lotissement pourrait ainsi refléter une volonté de rééquilibrer les priorités entre développement urbain et préservation des intérêts miniers, tout en évitant des conflits avec les communautés locales.
Quelles suites pour la MIBA et les populations ?
Cette annulation laisse planer des incertitudes sur l’avenir du terrain et des projets qui y étaient associés. Pour la MIBA, déjà en difficulté financière, cette décision pourrait aggraver ses tensions avec les autorités provinciales, déjà marquées par des désaccords récurrents sur la fiscalité et l’exploitation des gisements. Les populations locales, quant à elles, pourraient y voir une opportunité de mieux défendre leurs droits, notamment en matière d’accès au logement et de transparence dans la gestion des terres.
À plus long terme, cette affaire illustre les défis structurels de la RDC en matière de gouvernance foncière et minière. Elle rappelle la nécessité d’un cadre juridique clair, capable de concilier les impératifs économiques, les droits des communautés et les ambitions des gouvernorats. Sans une régulation renforcée, les conflits autour des terres minières risquent de s’aggraver, menaçant la stabilité sociale et économique de régions comme le Kasaï-Oriental.