Le maire socialiste de Saint-Ouen, Karim Bouamrane, a annoncé qu’il ne participerait pas à la primaire de son parti pour la présidentielle 2027, tout en réaffirmant sa candidature directe. Une stratégie qui interroge sur l’unité de la gauche française et les modalités d’accès aux scrutins internes.
Une primaire jugée « fermée » et inaccessible
Karim Bouamrane a justifié son refus de s’engager dans la primaire organisée par le Parti socialiste (PS) et Place publique par des conditions d’adhésion jugées trop restrictives. Selon lui, la procédure, réservée aux militants du PS et de Place publique avec une adhésion payante de 15 euros à minuit, limite drastiquement le nombre de participants. « On ne va pas atteindre les deux millions de participants comme en 2011 », a-t-il souligné, évoquant une logique d’exclusion plutôt que d’ouverture.
Une candidature directe pour contourner les obstacles
Malgré son exclusion de la primaire, Bouamrane maintient sa candidature à l’élection présidentielle de 2027. Il mise sur une stratégie alternative, estimant que sa position dans les sondages pourrait lui permettre de s’imposer comme le candidat naturel de la gauche. « En décembre, janvier, on verra que la personne qui sera le mieux placée dans les sondages pour rassembler les Français, ce sera ma personne », a-t-il déclaré sur TF1. Une posture qui pourrait fragiliser l’unité du camp socialiste, déjà divisé sur la stratégie à adopter face à la concurrence de Jean-Luc Mélenchon.
Un risque de fragmentation pour la gauche
Son choix de contourner la primaire soulève des questions sur la cohésion du PS et de ses alliés. En refusant de jouer le jeu des instances internes, Bouamrane prend le risque d’être perçu comme un dissident, voire de fragiliser les chances de la gauche dans un scrutin où l’unité sera cruciale. Cette décision pourrait aussi alimenter les tensions avec les autres figures socialistes, déjà en désaccord sur la méthode pour désigner un candidat unique. Une situation qui rappelle les divisions passées, notamment lors des primaires de 2017 et 2022.