Face à la prolifération d’abattages non autorisés, les services vétérinaires de Kaolack intensifient leurs inspections des points de vente de viande de rue. Les produits dépourvus de certificat de salubrité ou d’estampille d’origine sont saisis et détruits, afin de limiter les risques de maladies d’origine bactérienne pour les consommateurs.
Inspection des étals autour de la station Baba Gaye
Le contrôle vétérinaire s’est concentré sur la zone très fréquentée de la station Baba Gaye, à Léona, où une dizaine de vendeurs proposent principalement de la viande de chèvre aux voyageurs. Parmi eux, Dedé Babou affirme commercialiser entre 24 et 30 kg de viande chaque jour, générant un chiffre d’affaires quotidien estimé entre 35 000 et 40 000 F CFA. Il indique s’approvisionner au « daral » de Nguinguinéo, où les carcasses sont examinées par un vétérinaire et où la carte sanitaire ainsi que l’autorisation municipale seraient en règle.
Procédures de certification et saisie de la viande
Les agents de la Direction régionale de l’Élevage et des Productions animales exigent d’abord le certificat de salubrité du vendeur, puis vérifient l’estampille apposée sur l’animal et la preuve de son origine. Si l’un de ces deux éléments manque, la viande est immédiatement saisie. Les produits retirés sont ensuite détruits dans les abattoirs, notamment lorsqu’ils proviennent d’un abattage réalisé hors des structures agréées. Le Dr Khady Ndiaye, directrice régionale de l’Élevage, rappelle que « la viande fait l’objet d’une saisie » dès que les exigences ne sont pas respectées.
Impact sanitaire et recommandations des experts
Le Dr Mamadou Ndiaye, consultant international en sécurité sanitaire des aliments à la FAO, souligne que plus de 70 % des maladies d’origine alimentaire sont bactériennes et que la propreté des mains, des ustensiles, l’état de santé des manipulateurs, ainsi que la qualité de l’eau et de l’environnement de vente sont essentiels. Dans le cadre de la caravane d’hygiène menée du 11 au 14 août 2026 à Dakar, Thiès et Kaolack, les équipes ont constaté des progrès, mais insistent sur la nécessité d’une surveillance continue, notamment à Kaolack où un chariot destiné aux rôtisseurs reste en finition. Le Dr Ndiaye préconise une meilleure coordination entre vétérinaires, agronomes, services du commerce, hygiène et environnement, ainsi que la production de données scientifiques sur les niveaux de contamination afin d’appuyer les décisions publiques.