La commune urbaine de Kagbélen traverse une période de turbulences administratives suite à la révision drastique de son budget, passé de 25 à 17 milliards de francs guinéens. Si l'exécutif communal justifie ce réajustement par une volonté d'aligner les finances sur ses priorités politiques, une partie du conseil communal dénonce des irrégularités procédurales majeures.
Un réajustement financier sous tension
Le maire Sona Mady Doumbouya a justifié la réduction de 8 milliards GNF par la nécessité d'adapter les prévisions budgétaires, héritées de la précédente délégation spéciale, aux orientations de sa nouvelle équipe. Ce budget révisé doit permettre de financer des projets prioritaires d'ici la fin de l'année 2026, notamment l'entretien du pont de la commune, la construction d'un centre de santé à Bailobaya, ainsi que des initiatives en matière d'accès à l'eau et d'infrastructures scolaires. Le député Mohamed Cissé a, pour sa part, insisté sur l'impératif de mobilisation effective des ressources pour concrétiser ces investissements, soulignant notamment la précarité du parc scolaire local, où seulement 19 écoles sur 310 relèvent du domaine public.
Contestation sur la régularité des délibérations
Parallèlement aux enjeux financiers, la légalité de la session budgétaire du 8 octobre 2026 est vivement contestée par le conseiller Karim Bailo Barry. Ce dernier pointe du doigt une absence de convocation officielle et une transmission tardive des documents budgétaires, des manquements qui, selon lui, contreviennent aux articles 113 et 114 du code régissant le fonctionnement des collectivités. Le conseiller affirme que ces conditions empêchent un examen serein et transparent des comptes, rappelant qu'une saisine collective avait déjà été adressée à l'autorité de tutelle le 24 août 2026 pour demander un contrôle de conformité, restée sans réponse à ce jour.
L'exigence de transparence dans la gestion locale
Malgré la controverse, le maire assure que la session a bénéficié d'un quorum large, avec 43 conseillers présents sur 45. De son côté, Karim Bailo Barry insiste sur le fait que sa démarche ne vise pas à entraver l'action municipale, mais à garantir le respect des normes de bonne gouvernance. Pour les citoyens de Kagbélen, l'enjeu est désormais de savoir si la commune parviendra à concilier ses ambitions de développement avec une gestion rigoureuse et transparente, alors que les autorités de tutelle sont appelées à clarifier la régularité des procédures engagées par l'exécutif communal.