Le gouvernement de l'État de Kaduna, au Nigeria, a lancé une campagne de distribution massive d'engrais gratuits destinée à 150 000 petits exploitants agricoles. Cette initiative, qui s'inscrit dans une stratégie de lutte contre la hausse des coûts de production, accorde une attention particulière aux femmes et aux jeunes agriculteurs pour renforcer la sécurité alimentaire régionale.
Une logistique déployée sur 23 zones locales
Pour cette troisième année consécutive d'intervention, l'administration du gouverneur Uba Sani a mobilisé 500 camions d'engrais ainsi que des tracteurs. Le programme repose sur un système de distribution décentralisé visant à atteindre les zones rurales et urbaines. Dans chaque unité de vote, dix agriculteurs sont sélectionnés pour recevoir deux sacs d'engrais chacun. Des centres de distribution spécifiques, tels que ceux de Babban Dodo, Galma et Tukur-Tukur dans la zone de Zaria, ont été mis en place pour faciliter l'accès aux intrants.
Priorité à l'autonomisation des femmes agricultrices
L'accent mis sur les femmes répond à un enjeu structurel majeur dans l'État de Kaduna, où l'agriculture représente 38 % du PIB. Bien que les femmes soient omniprésentes dans la production, la transformation et la commercialisation des cultures, elles font face à des obstacles persistants, notamment un accès limité au foncier — moins de 5 % d'entre elles possèdent des terres — et aux services financiers. En facilitant l'accès aux intrants, le gouvernement cherche à lever l'un des freins principaux à leur productivité et à leur autonomie économique.
Un levier pour la résilience des petits exploitants
Face à l'inflation des coûts des semences et des fertilisants, cette aide directe est perçue par les bénéficiaires comme un soutien indispensable pour maintenir leurs activités. Pour de nombreux petits exploitants, cette dotation permet non seulement de stabiliser les rendements, mais aussi d'envisager une extension des surfaces cultivées. Au-delà de la distribution ponctuelle, les autorités locales soulignent que la pérennisation de ces interventions est essentielle pour transformer le secteur agricole, en complément d'autres besoins identifiés comme l'accès au crédit, le développement de techniques modernes et l'amélioration des liens avec les marchés.