Le Forum du Justiciable, une organisation sénégalaise dédiée à la défense des droits et à la promotion de l’État de droit, a récemment interpellé les autorités judiciaires du pays sur une situation qu’il juge révélatrice d’un déséquilibre dans l’application de la justice. Dans un message diffusé sur les réseaux sociaux, Babacar Ba, l’un de ses représentants, a pointé du doigt ce qu’il qualifie de traitement asymétrique entre deux individus impliqués dans une même affaire.
D’un côté, Lat Diop, ancien directeur général de la Lonase, reste assigné à résidence sous bracelet électronique depuis plusieurs mois. De l’autre, Mouhamed Dieng, qui fait l’objet d’un rapport de la Centif transmis au Parquet financier du Pôle judiciaire financier pour des faits pouvant relever du blanchiment de capitaux, circule librement. Selon le texte source, la chambre d’accusation aurait elle-même reconnu, dans ses considérants, l’absence de tout document émanant de la Lonase ou d’un corps de contrôle venant étayer les accusations de détournement de fonds portées contre Lat Diop.
Babacar Ba souligne que, après des mois d’enquête et d’instruction, aucune preuve tangible n’a été produite pour contredire les dénégations répétées de l’ancien directeur général. Cette situation, selon lui, alimente un sentiment d’injustice au sein de l’opinion publique, qui percevrait une application inégale de la rigueur judiciaire. Le Forum du Justiciable estime que cette asymétrie pourrait saper la crédibilité de l’État de droit sénégalais, en donnant l’impression que la justice se transforme en un outil de rapports de force plutôt qu’en un garant de l’équité entre les citoyens.
Dans son intervention, Babacar Ba a formulé une question symbolique : « Qui protège Mouhamed Dieng ? », appelant ainsi les autorités judiciaires à clarifier la situation. Il insiste sur la nécessité pour la justice sénégalaise de s’appuyer sur des preuves tangibles plutôt que sur des accusations isolées, afin d’éviter que l’institution ne perde sa légitimité aux yeux de la population.
Cette affaire met en lumière les tensions persistantes autour de la perception de l’indépendance et de l’impartialité du système judiciaire au Sénégal. Elle rappelle également l’importance du débat sur la transparence et l’efficacité des mécanismes de contrôle financier et pénal dans le pays, alors que les attentes en matière de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption restent élevées.