Justice dans le Upper West : le chantier du tribunal de Wa à l'arrêt après vingt ans d'attente

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 34 lectures
Justice dans le Upper West : le chantier du tribunal de Wa à l'arrêt après vingt ans d'attente

La communauté juridique de la région du Upper West au Ghana exprime une vive exaspération face à l'abandon prolongé du chantier du complexe de la Haute Cour de Wa. Vingt ans après le lancement du projet, ce bâtiment de trois étages, censé moderniser l'appareil judiciaire local, demeure une structure inachevée, plongeant les professionnels du droit dans une situation de précarité institutionnelle alarmante.

Un système judiciaire en péril

Pour les avocats et les procureurs, la situation actuelle est devenue intenable. Les services judiciaires de la région, qui couvrent onze districts, sont contraints d'opérer dans des structures coloniales ou des bâtiments temporaires vétustes. Siddique Ubeidu, président de l'antenne régionale du Barreau, souligne que les conditions de travail sont non seulement inadaptées, mais dangereuses. Au sein de l'actuelle Cour de circuit, des fissures structurelles menacent la sécurité des magistrats et des justiciables, tandis que le manque d'espace oblige le personnel à partager les salles d'audience avec les parties prenantes aux procès.

Promesses non tenues et dégradation

Le sentiment d'abandon est renforcé par une succession de promesses politiques restées sans suite. Malgré les visites répétées de délégations nationales, incluant des membres de la Cour suprême et du Parlement, le chantier est aujourd'hui déserté. Les équipements ont été retirés, les accès sont laissés sans surveillance et les finitions, comme la peinture appliquée récemment, commencent déjà à se dégrader. Cette lenteur administrative est perçue par le procureur principal, Saeed Abdul-Shakur, comme une marque de négligence institutionnelle grave, entravant le droit fondamental à une justice rendue dans des conditions dignes.

Le différend financier en cause

Face aux critiques, l'entreprise en charge des travaux, Project Seven Limited, conteste l'idée d'un abandon définitif du site. Simon Sowah, directeur de la société, justifie l'arrêt du chantier par le non-paiement de certificats de travaux par le Service judiciaire et le gouvernement central. Selon lui, la reprise effective des activités est conditionnée au règlement des arriérés dus à l'entreprise. En attendant une résolution, les praticiens du droit appellent les autorités nationales à intervenir d'urgence pour sécuriser le site et finaliser une infrastructure devenue le symbole d'une crise de confiance dans la gestion des projets publics régionaux.

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