Lors de la 81e Assemblée générale des Nations unies, la Première ministre Judith Suminwa a sommé la communauté internationale de passer des déclarations à l'action concernant la crise sécuritaire dans l'Est de la République démocratique du Congo. Représentant le président Félix Tshisekedi, elle a dénoncé l'agression rwandaise opérée via le groupe armé AFC/M23 et exigé une réforme profonde des instances onusiennes.
Exigence d'application des résolutions onusiennes
La cheffe du gouvernement congolais a fermement rejeté l'idée de produire de nouveaux textes diplomatiques, insistant sur l'exécution immédiate des résolutions existantes du Conseil de sécurité, notamment la résolution 2773. Face à une crise humanitaire marquée par des déplacements massifs de populations, des violences sexuelles et l'enrôlement d'enfants, Kinshasa dénonce un « double standard » dans le traitement des conflits mondiaux. Judith Suminwa a par ailleurs réfuté l'argument de la présence des FDLR, qu'elle juge obsolète pour justifier toute intervention militaire étrangère sur le sol congolais.
Vers une réforme du Conseil de sécurité
Au-delà de la situation sécuritaire, la RDC a réaffirmé son soutien au Consensus d’Ezulwini et à la Déclaration de Syrte. Cette position diplomatique vise à obtenir une représentation plus équitable de l'Afrique au sein du Conseil de sécurité, incluant deux sièges permanents avec droit de veto et deux sièges non permanents additionnels. Pour Kinshasa, cette mutation est indispensable pour adapter les institutions internationales aux réalités géopolitiques contemporaines.
Souveraineté économique et transition énergétique
La Première ministre a également abordé le rôle stratégique de la RDC dans la transition énergétique mondiale. Elle a plaidé pour une rupture avec le modèle actuel d'extraction brute, appelant à une industrialisation locale des minerais critiques. L'objectif est de transformer le pays en un « atelier » et un « laboratoire » souverain, capable de s'intégrer dans des chaînes de valeur mondiales résilientes. Ce projet s'inscrit dans un contexte de défis financiers majeurs, le pays évaluant à plus de 70 milliards de dollars les investissements nécessaires pour atteindre les Objectifs de développement durable d'ici 2030.