Une voix rauque, un regard qui foudroie les conventions. Josiane Balasko n’a jamais craint les tabous. Entre les planches du Splendid et les écrans, elle a toujours imposé son monde. Charline Vanhoenacker l’a rencontrée dans un bistrot parisien, là où les idées circulent sans filtre.
Une vie en résistance Actrice, scénariste, réalisatrice, romancière… Josiane Balasko a tout embrassé. Mais jamais sans combat. Dès ses débuts au Splendid, elle défie les codes. « Je voulais un théâtre où les femmes parlaient sans se faire engouffrer par les hommes. » Son exigence ? Une scène libre, où la parole compte plus que l’étiquette.
Au cinéma, son œuvre Gazon maudit (1995) devient un phénomène. Une satire acerbe de la bourgeoisie parisienne, filmée avec un humour noir qui cloue au sol les faux-semblants. « Le cinéma, c’est un miroir tendu à la société. Et parfois, il faut briser le miroir pour la réveiller. »
L’autorité, ce poison Pour Balasko, l’autorité pure est une prison. « Quand elle devient oppressive, la désobéissance civile n’est plus un crime : c’est un devoir. » Elle cite Gandhi, MLK, mais aussi les sans-papiers qui occupent des églises. « Ces gens-là, ils savent une chose : la loi n’est pas toujours juste. »
Son combat ? « Ne pas se soumettre par peur. » Elle évoque les artistes censurés, les journalistes emprisonnés, les femmes battues qui se taisent. « La vraie rébellion, c’est de refuser d’être complice. »
Le féminisme, une lutte quotidienne Balasko ne se contente pas de parler : elle agit. Dans ses romans (Les Dégâts des eaux), elle dépeint des femmes brisées par un système patriarcal. « On nous dit ‘soyez fortes’, mais personne ne nous apprend à casser les chaînes. »
Pourtant, elle reste optimiste. « Les jeunes générations ont compris que le changement vient de l’intérieur. » Elle pense aux Gilets jaunes, aux manifestantes climato-sceptiques. « Ils savent que la désobéissance, c’est la seule langue que certains politiques comprennent. »
Et maintenant ? Aujourd’hui, Balasko continue de écrire, de crier, de créer. Mais son message reste le même : « La liberté ne se demande pas, elle se prend. » Alors, quand la société étouffe sous les règles, quand l’autorité devient tyrannie… que faites-vous, vous ?
Conclusion : le devoir de la révolte Josiane Balasko ne propose pas des solutions toutes faites. Elle offre une boussole : « La désobéissance est un acte d’amour envers soi-même et les autres. » Dans un monde où les hiérarchies écrasent, son message résonne comme un coup de poing.
Alors, la prochaine fois qu’on vous demande de plier, demandez-vous : suis-je prêt à désobéir ? Parce que, comme le dit Balasko, « la vraie révolution commence par un refus. » Et elle, elle refuse encore. Toujours.