Le visage du mouvement pro‑démocratie de Hong Kong, Joshua Wong, a été condamné à dix ans de prison pour collusion avec des forces étrangères et subversion. Deux ans et deux jours de cette peine s’ajoutent à son incarcération déjà en cours, soulignant le durcissement de la répression sous la loi sur la sécurité nationale.
Une nouvelle condamnation qui prolonge une peine déjà engagée
Le jeudi 24 octobre, le tribunal de Hong Kong a prononcé contre Wong une peine de dix ans d’emprisonnement. Le juge a précisé que les deux ans et deux jours de cette condamnation seront exécutés en même temps que la peine de 56 mois qu’il purge déjà pour subversion, ce qui porte la durée totale de son incarcération à plus de douze ans. Wong, âgé de trente ans, était déjà détenu depuis son arrestation en 2020 et devait être libéré début 2025 avant cette nouvelle décision.
Les chefs d’accusation : collusion et subversion
Les procureurs ont reproché à Wong d’avoir conspiré avec d’autres militants, dont l’activiste exilé Nathan Law, afin de solliciter des sanctions étrangères contre la Chine et de bloquer les intérêts de Pékin. Les faits reprochés se seraient déroulés entre juillet et fin novembre 2020, période pendant laquelle les autorités ont intensifié l’application de la loi sur la sécurité nationale (NSL). Cette accusation de « collusion avec des forces étrangères » s’ajoute aux précédentes, dont une condamnation pour subversion en 2021, qui avait déjà placé Wong parmi les « Hong Kong 47 », le plus grand groupe poursuivi sous la NSL.
Un parcours d’activisme dès l’adolescence
Né en octobre 1996, Joshua Wong s’est engagé très tôt dans la lutte pour la démocratie. À 14 ans, il co‑fonde le groupe étudiant Scholarism, qui mobilise plus de 100 000 personnes contre l’introduction d’une « éducation patriotique » obligatoire. En 2014, il devient l’un des leaders visibles du mouvement des « parapluies », puis co‑fonde le parti Demosisto avec Nathan Law et Agnes Chow. Ce parti est dissous en 2020, l’année où la NSL est imposée, et plusieurs de ses membres, dont Law, partent en exil.
Réactions internationales et enjeux pour les droits humains
Amnesty International a dénoncé la condamnation de Wong, la qualifiant de preuve de la peur des autorités face aux dissidents de premier plan et de la volonté de les maintenir en détention le plus longtemps possible. La peine de dix ans, la plus lourde après celle infligée à l’ancien magnat des médias Jimmy Lai (20 ans), alerte les observateurs sur l’escalade de la répression à Hong Kong et soulève des questions sur le respect des libertés civiles dans la région.