L'ancien président Joseph Kabila a rompu le silence pour dénoncer une dérive autoritaire et une gestion institutionnelle défaillante sous l'administration de Félix Tshisekedi. Dans une intervention publique, il plaide pour l'ouverture d'un dialogue national inclusif, tout en remettant en question la stratégie actuelle du gouvernement face à l'instabilité persistante dans l'Est du pays.
Critique de la gouvernance et des institutions
Joseph Kabila dresse un constat sévère de l'état actuel de la République démocratique du Congo. Il pointe du doigt une fragilisation des institutions, qu'il attribue à des pratiques de népotisme et à une gestion patrimoniale des ressources publiques. Selon l'ancien chef de l'État, les douze mesures correctives qu'il avait proposées en mai 2025 sont restées lettre morte, laissant le pays dans une situation de péril constant. Ces accusations visent à souligner une rupture profonde entre les attentes de l'opposition et la conduite des affaires par l'exécutif en place.
Le défi sécuritaire et diplomatique dans l'Est
Le volet sécuritaire occupe une place centrale dans le réquisitoire de l'ancien président. Il conteste ouvertement la viabilité de la stratégie militaire actuelle face à la rébellion de l'AFC/M23, soulignant les revers subis par les Forces armées congolaises et le non-respect des accords de cessez-le-feu conclus à Doha. Au-delà du terrain militaire, il critique l'efficacité des médiations internationales et régionales, qu'il juge infructueuses. Pour lui, la résolution du conflit nécessite une approche politique globale plutôt qu'une gestion unilatérale des opérations militaires.
Désaccords sur le Dialogue national et les ressources stratégiques
La question du Dialogue national pour la paix, lancé par Félix Tshisekedi en août 2026, cristallise les tensions. Si le pouvoir présente ce processus comme une étape vers la refondation de l'État, le camp de Joseph Kabila en conteste les modalités, réclamant des garanties de représentativité pour l'opposition. Parallèlement, l'ancien président a émis des réserves sur les accords miniers conclus avec les États-Unis. Il met en garde contre les conditions d'exploitation de ces ressources stratégiques, estimant que les engagements pris pourraient compromettre les intérêts économiques à long terme de la nation, indépendamment des alternances politiques.