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Rédaction KUMBA

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JOJ Dakar 2026 : Jeux des jeunes ou Jeux des Jeeg ?
Les Jeux Olympiques de la Jeunesse arrivent à Dakar.

Mais depuis quelque temps, une question me revient chaque fois que je regarde les grands moments de communication de Dakar 2026 :

où sont les jeunes ?

Pas dans les gradins.
Pas parmi les volontaires.
Pas parmi les futurs athlètes.

Je parle des jeunes au premier plan.

Ceux à qui on confie les grands symboles, les cérémonies, la musique, la culture et l’image de ces Jeux.

Et sur ce terrain-là, il y a quand même un drôle de paradoxe.

100 Linguères… pour les Jeux de la Jeunesse

Dernier exemple en date : pour l’arrivée de la flamme olympique à Dakar, ce sont 100 Linguères qui ont été choisies pour accompagner la flamme.

Cent femmes mises à l’honneur pour leurs parcours, leur influence et ce qu’elles représentent.

L’initiative est belle.

Mais quand l’événement s’appelle Jeux Olympiques de la Jeunesse, il est quand même permis de se demander pourquoi le grand symbole de l’arrivée de la flamme n’a pas été confié prioritairement à 100 jeunes Sénégalaises et Sénégalais.

Le discours officiel explique d’ailleurs qu’il s’agit de transmission entre générations. 

Très bien.

Mais à force de vouloir transmettre quelque chose à la jeunesse, on oublie parfois de lui passer le micro.

L’hymne des jeunes… sans jeune révélation

Même constat avec la musique officielle.

Pour représenter les premiers Jeux Olympiques de la Jeunesse organisés en Afrique, on aurait pu imaginer une occasion exceptionnelle de révéler au continent une jeune voix sénégalaise inconnue ou émergente.

Finalement, « Teranga » a été remporté par Mamy Mbaye, artiste déjà expérimentée et ancienne membre du groupe Alif. Le concours avait pourtant été présenté comme une manière de mettre en lumière la créativité de la jeunesse sénégalaise. 

Cela ne retire rien à son talent.

Mais encore une fois, la question se pose :

pourquoi ne pas avoir fait des JOJ une énorme rampe de lancement pour la nouvelle génération ?

Imaginez ce que représenterait, pour une chanteuse ou un chanteur de 18, 20 ou 22 ans, le fait de voir sa musique devenir l’hymne d’un événement olympique mondial.

C’est exactement ce genre d’héritage que des Jeux de la Jeunesse pourraient laisser.

Même la flamme reste très « grandes figures »

À Athènes, les premiers relayeurs sénégalais étaient bien des sportifs comme Oumy Diop, Brancou Badio et Louis François Mendy. C’est déjà beaucoup plus cohérent avec l’esprit sportif des Jeux. 

Mais à Dakar, le symbole est rapidement revenu aux grandes figures.

La vasque a notamment été allumée par Mame Maty Mbengue, immense référence du basket sénégalais. Là encore : personne ne conteste sa légitimité ni son parcours. 

Mais pourquoi, pour des Jeux de la Jeunesse, ne pas imaginer une ancienne championne accompagnée d’une jeune sportive de 15 ou 16 ans ?

La transmission aurait alors été visible immédiatement : une génération qui passe littéralement la flamme à une autre.

Là, le message aurait été puissant.

Et regardons aussi les artistes invités

Pour la grande cérémonie d’accueil de la flamme à Dakar, la programmation annonçait notamment Kiné Lam, Viviane Ndour, Waly Ballago Seck, ainsi que d’autres artistes. 

Encore une fois : des artistes reconnus, des noms populaires, une volonté compréhensible de faire venir du monde.

Mais où est la scène émergente sénégalaise ?

Où sont les jeunes rappeurs, chanteuses, danseurs, beatmakers et créateurs qui représentent la génération même à laquelle ces Jeux sont destinés ?

Les JOJ auraient pu devenir une gigantesque vitrine des talents de moins de 25 ans.

Pas seulement dans le sport.

Dans la musique.
Dans la mode.
Dans la danse.
Dans le numérique.
Dans l’audiovisuel.
Dans le design.

« La jeunesse » ne doit pas seulement être le public

Voilà finalement ce qui me dérange.

On entend énormément le mot jeunesse.

On parle aux jeunes.

On recrute des jeunes.

On organise des activités pour les jeunes.

Mais dans plusieurs des moments les plus symboliques, ce sont encore les générations déjà établies que l’on met au centre.

Et le meilleur résumé est peut-être cette cérémonie des 100 Linguères.

Le Sénégal possède des milliers de jeunes femmes remarquables dans le sport, l’entrepreneuriat, la culture, la technologie, les sciences ou l’engagement communautaire.

Imaginez l’image :

100 jeunes filles venues des 14 régions du Sénégal accueillant la flamme des Jeux Olympiques de la Jeunesse.

Le symbole aurait été difficile à battre.

Tout n’est pourtant pas à jeter

Il faut aussi être juste.

Dakar 2026 a montré qu’il savait faire autrement.

La mascotte Ayo en est probablement le meilleur exemple : son dessin a été réalisé par Ndèye Mariama Diop, 16 ans, tandis que son nom a été proposé par une élève de 18 ans. Près de 500 élèves avaient participé au concours. 

Ça, c’est exactement l’esprit des JOJ.

Il y a également la Learning Academy destinée aux 21-35 ans, la Tech Academy destinée aux 18-35 ans et les milliers de volontaires mobilisés pour l’organisation. 

Donc la jeunesse est bien présente.

Mais elle devrait être davantage visible là où les projecteurs sont les plus forts.

Parce que les Jeux Olympiques de la Jeunesse ne devraient pas uniquement être des Jeux organisés pour les jeunes.

Ils devraient aussi être les Jeux où l’on décide enfin de faire confiance aux jeunes.

Alors, Dakar 2026 :

JO des jeunes… ou JO des Jeeg ?
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