Johnson Asiedu Nketiah, président du National Democratic Congress (NDC), a appelé les journalistes ghanéens à renforcer leur rôle de vigie face à l'action gouvernementale. Lors de la 4e édition des prix de l'Association des journalistes du Ghana (GJA) dans la région de Bono, il a souligné l'impératif de soumettre les politiques publiques, les dépenses et les promesses électorales à un examen rigoureux.
Un suivi systématique des investissements publics
Pour le dirigeant politique, le travail journalistique ne doit pas se limiter à la couverture des annonces officielles. Il encourage les professionnels des médias, particulièrement dans la région de Bono où des milliards de cedis sont investis, à constituer des archives détaillées sur les projets en cours. Cette démarche implique de documenter les coûts, les identités des contractants, les délais de livraison et les termes des contrats. L'objectif est de permettre, à terme, une évaluation objective de la valeur réelle des services rendus aux citoyens par rapport aux engagements initiaux.
La redevabilité comme exigence démocratique
M. Asiedu Nketiah a insisté sur le fait que les ministres et les responsables publics doivent accepter la contradiction et répondre aux questions légitimes sans percevoir le travail d'investigation comme une marque d'hostilité. Cette transparence est présentée comme un levier essentiel pour garantir que les promesses politiques soient confrontées à la réalité des réalisations sur le terrain. Il a également invité les acteurs politiques à faciliter l'accès à l'information pour permettre des reportages factuels et précis.
Les conditions de travail, pilier de l'indépendance
Au-delà de la mission de contrôle, le président du NDC a soulevé la question de la viabilité économique des médias. Selon lui, l'amélioration des conditions de travail et le soutien institutionnel sont indispensables pour garantir l'indépendance des journalistes. Des rémunérations décentes et des ressources adéquates permettraient aux rédactions de mener des enquêtes approfondies sans dépendre financièrement des entités qu'elles sont censées surveiller.
L'éthique au cœur de la transformation sociale
Intervenant lors de la même cérémonie, le professeur Elvis Asare-Bediako, vice-chancelier de l'Université de l'énergie et des ressources naturelles (UENR), a rappelé que le journalisme constitue une forme de leadership capable d'influencer les comportements civiques. Il a mis en garde contre les risques de la désinformation, soulignant que la vérification des faits et le refus du sensationnalisme demeurent les fondements indispensables à la confiance du public et à la transformation de la société.