John Ntim Fordjour interpelle la société civile sur l'impartialité de la justice au Ghana

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 35 lectures
John Ntim Fordjour interpelle la société civile sur l'impartialité de la justice au Ghana

Le député d'Assin South, John Ntim Fordjour, a lancé un appel solennel aux autorités religieuses, aux chefs traditionnels et aux acteurs de la société civile pour qu'ils se mobilisent contre ce qu'il qualifie d'application sélective de la loi. Cette prise de position intervient dans le sillage de l'arrestation et du placement en détention provisoire de Salomey Awiti Bafoh, une infirmière cadre accusée de complicité dans la diffusion de fausses nouvelles.

Une affaire judiciaire sous haute tension

Salomey Awiti Bafoh, âgée de 40 ans, a été appréhendée le 13 septembre à son domicile de Hansua, près de Techiman. Elle fait face à des accusations de complicité de crime en vertu des sections 20(1) et 208 de la loi sur les infractions pénales de 1960. Selon l'accusation, elle aurait agi comme intermédiaire pour une utilisatrice de TikTok basée au Royaume-Uni, connue sous le pseudonyme « Ghana Jollof », en recrutant des personnes pour relayer des contenus jugés inflammatoires ou susceptibles de provoquer l'alarme. Le tribunal de circuit d'Adentan a rejeté sa demande de mise en liberté sous caution, ordonnant son maintien en détention jusqu'au 30 septembre.

La question de l'équité devant la loi

Pour le député John Ntim Fordjour, le traitement de ce dossier soulève des interrogations fondamentales sur l'indépendance des institutions judiciaires. Il conteste la manière dont le Département des enquêtes criminelles (CID) a rendu publics certains éléments de preuve liés à cette affaire, tout en soulignant une absence de poursuites similaires contre d'autres personnalités dont les publications en ligne sont, selon lui, tout aussi controversées. En citant nommément d'autres acteurs de l'espace numérique, le parlementaire pointe du doigt une disparité de traitement qui, selon lui, dépendrait de l'appartenance politique des individus visés.

Un appel à la vigilance citoyenne

Au-delà du cas spécifique de Mme Bafoh, M. Fordjour exhorte les figures influentes du pays à ne pas laisser les clivages partisans — entre le NPP et le NDC — occulter l'exigence d'une justice égale pour tous. Il insiste sur le fait que le respect de l'État de droit ne doit pas être conditionné par les affiliations politiques. En invitant les leaders d'opinion à sortir de leur réserve, le député cherche à susciter un débat national sur la protection des libertés publiques et sur la nécessité de garantir que les institutions étatiques agissent avec une impartialité totale, indépendamment des pressions politiques ou des sensibilités idéologiques.

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