John McIntire exige une restructuration profonde de la dette sénégalaise pour sauvegarder les dépenses sociales et les projets stratégiques

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 45 lectures
John McIntire exige une restructuration profonde de la dette sénégalaise pour sauvegarder les dépenses sociales et les projets stratégiques

Lors d’une interview à Sud FM, l’ancien directeur pays de la Banque mondiale pour le Sénégal, John McIntire, a dénoncé une dette publique qui dépasserait largement les seuils de soutenabilité et a appelé à une restructuration globale qui ne sacrifie pas les dépenses sociales ni les investissements prioritaires.

Une dérive qui débute en 2019 et qui alourdit le ratio dette/PIB

Selon McIntire, la trajectoire d’endettement a basculé à partir de 2019, alors que le pays était encore considéré comme solvable. Des emprunts souverains et des garanties auraient été contractés sans l’aval du Parlement et sans être communiqués au FMI, alors que le Sénégal était sous programme. Le rapport de la Cour des comptes de février 2025, jugé « exhaustif », montre que le stock de dette est passé d’environ 75 % à près de 100 % du PIB, avec des estimations récentes situant le ratio entre 100 % et 130 % du PIB.

Responsabilité partagée entre Dakar, la Banque mondiale et le FMI

McIntire ne limite pas ses critiques aux autorités sénégalaises. Il estime que les institutions financières internationales auraient dû détecter ces irrégularités, voire les ignorer délibérément. Il propose même d’envisager des sanctions contre les fonctionnaires impliqués, tout en précisant qu’il n’accuse pas de corruption. Le retrait de six enquêtes pénales annoncées par le Premier ministre montre, selon lui, que la justice sénégalaise ne pourra pas rester inerte face à ces pratiques.

Trois axes pour sortir de l’impasse

L’ancien responsable avance trois orientations majeures : d’abord, faire contribuer les créanciers privés aux coûts de la restructuration ; ensuite, placer les décisions d’ajustement sous le contrôle des représentants élus ; enfin, protéger les investissements qui soutiennent la croissance et les acquis sociaux. Il insiste sur la nécessité de rééchelonner ou d’annuler partiellement certaines dettes, tout en préservant les budgets de l’éducation, de la santé, de l’eau, des routes et de l’électricité.

Valoriser les ressources naturelles et le solaire pour financer la transition

Pour dégager les marges de manœuvre, McIntire recommande de mieux exploiter les réserves pétrolières, gazières et minières du pays, dans des conditions favorables à la population. Il souligne également le potentiel solaire du Sénégal, appelant à un programme massif d’installations photovoltaïques couplées à du stockage par batteries, afin de réduire la dépendance aux financements externes et d’allouer les ressources mobilisées à des projets à forte valeur ajoutée.

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