Le président ghanéen John Mahama a réaffirmé sa volonté de poursuivre les politiques publiques héritées de l'administration précédente, tout en excluant formellement le projet de la Cathédrale nationale de cette continuité. Il considère cette infrastructure comme une promesse personnelle de l'ancien président Nana Akufo-Addo et non comme une priorité nationale financée par les contribuables.
Une distinction entre engagement personnel et politique d'État
Lors d'une rencontre citoyenne dans la région du Haut-Ouest, le chef de l'État a précisé que si son gouvernement s'engage à finaliser les projets d'intérêt public, la Cathédrale nationale ne répond pas à ce critère. Tout en se déclarant chrétien et sans opposition de principe à l'édifice, il estime que la communauté chrétienne du pays dispose des ressources nécessaires pour financer elle-même la construction, sans solliciter le budget national.
Critiques sur l'urbanisme et les destructions immobilières
Au-delà de la question financière, le président Mahama a soulevé des préoccupations majeures concernant l'emplacement choisi pour le projet. Il souligne que la zone, déjà saturée par des institutions comme le Parlement, le Centre international de conférences et le Théâtre national, risque une congestion accrue. Il a également déploré les destructions immobilières nécessaires à la libération du site, incluant dix résidences de juges et la résidence de l'ambassadeur du Mali, qui n'ont pas été remplacées à ce jour.
Audit financier et transparence
Le dossier de la Cathédrale nationale fait désormais l'objet d'un audit judiciaire dont les conclusions ont été transmises au procureur général. Le président a annoncé son intention de partager ces résultats avec le Conseil chrétien du Ghana. L'objectif est d'examiner la gestion des quelque 90 millions de dollars déjà investis dans le projet et d'envisager des mesures correctives. Cette démarche intervient alors qu'un comité technique, mis en place par le Conseil chrétien, travaille actuellement sur un nouveau modèle de financement pour tenter de relancer le chantier.