Le président ghanéen John Dramani Mahama a formellement démenti les rumeurs prêtant à son administration l'intention d'instaurer un état d'urgence pour combattre l'orpaillage illégal, phénomène connu sous le nom de « galamsey ». Lors d'un échange avec la diaspora à New York, le chef de l'État a réaffirmé que cette mesure extrême ne constitue pas la stratégie privilégiée par le gouvernement pour répondre à cette crise environnementale et sociale.
La portée limitée de l'état d'urgence
Pour le président Mahama, l'état d'urgence ne constitue qu'un recours ultime, inadapté à l'ampleur géographique du problème. Il a souligné que cet outil juridique est conçu pour être temporaire et circonscrit à des zones isolées. Or, l'orpaillage illégal touche actuellement dix régions du pays, rendant l'application d'une telle mesure complexe et peu pratique sur le plan opérationnel. Selon lui, la concentration des efforts sur un périmètre restreint, propre à l'état d'urgence, ne permettrait pas de traiter efficacement un fléau aussi diffus sur le territoire national.
Des opérations ciblées contre le galamsey
Loin de l'inaction, le gouvernement ghanéen mise sur une approche différente : le déploiement d'opérations ciblées dans les zones identifiées comme des points chauds de l'activité minière illégale. Le président a rappelé que l'exécutif dispose déjà des prérogatives nécessaires pour agir contre les contrevenants sans avoir à suspendre les libertés publiques par un décret d'exception. Cette méthode vise à maintenir une pression constante sur les sites les plus critiques tout en évitant les conséquences socio-économiques d'une mesure nationale radicale.
Un défi complexe pour l'État
Le président Mahama a reconnu la difficulté inhérente à la lutte contre le galamsey, qui impacte durablement les écosystèmes et les communautés locales. Malgré les critiques sur la méthode, il a réitéré l'engagement ferme de son administration à poursuivre les efforts de régulation et de répression. L'enjeu reste de concilier la protection de l'environnement et la gestion des ressources naturelles avec les réalités économiques des populations locales, tout en assurant le respect de la légalité sur l'ensemble du territoire ghanéen.