L'ancien président ghanéen John Dramani Mahama a formellement démenti l'existence d'une politique gouvernementale visant à introduire l'arabe et le chinois comme matières obligatoires dans les écoles publiques du pays. Cette mise au point, effectuée lors d'un échange citoyen à l'Université d'études commerciales et de développement intégré (UBIDS), vise à clore les spéculations sur une réforme linguistique nationale qui n'a jamais été validée par le cabinet ministériel.
La priorité accordée au français
Interrogé sur la pertinence d'une telle mesure, l'ancien chef de l'État a exprimé ses réserves quant à l'introduction du chinois, soulignant les difficultés actuelles du système éducatif à assurer un enseignement efficace du français. Pour M. Mahama, le français demeure une priorité stratégique pour le Ghana, compte tenu de la proximité géographique du pays avec plusieurs nations francophones. Il a ainsi questionné la logique d'une diversification linguistique alors que les ressources pédagogiques pour les langues déjà intégrées au programme restent insuffisantes.
Le statut spécifique des écoles anglo-arabes
Concernant la présence de l'arabe dans certains établissements, l'ancien président a apporté une nuance historique importante. Il a rappelé que l'existence d'écoles dites « anglo-arabes » remonte à l'administration de feu Jerry John Rawlings. Cette initiative visait à favoriser la scolarisation au sein des communautés musulmanes, alors réticentes à envoyer leurs enfants à l'école par crainte de conversions religieuses forcées. Le maintien de la formation des enseignants d'arabe dans ce cadre spécifique ne constitue donc pas, selon lui, le signe d'une nouvelle politique d'expansion nationale.
Un rappel à la rigueur institutionnelle
En réitérant que le cabinet qu'il présidait n'a jamais approuvé de directive imposant l'arabe ou le chinois à l'échelle nationale, John Dramani Mahama a appelé à mettre fin aux rumeurs persistantes. Cette clarification s'inscrit dans le cadre de sa tournée « Resetting Ghana », durant laquelle il a tenu à réaffirmer que toute modification majeure du cursus scolaire national nécessite une validation formelle et transparente, absente dans ce dossier précis.