L'ancien président ghanéen John Dramani Mahama a plaidé, lors de la 81e Assemblée générale des Nations Unies à New York, pour une restitution massive des biens culturels africains spoliés. Il estime que le retour de ces artefacts est une condition nécessaire pour permettre aux nouvelles générations de se réapproprier une histoire africaine marquée par l'innovation et la puissance, au-delà du simple récit de la colonisation.
Au-delà du traumatisme colonial
Pour John Dramani Mahama, le récit historique transmis aux jeunes Africains est trop souvent limité aux pertes subies lors des conquêtes et de la période coloniale. Il souligne l'importance vitale de transformer cette narration : il ne s'agit plus seulement de documenter ce que l'Afrique a perdu, mais de mettre en lumière ce qu'elle a créé. L'accès direct aux objets d'art et aux preuves matérielles du passé est, selon lui, le seul moyen de briser le mythe selon lequel l'histoire du continent aurait débuté avec la soumission.
La matérialité comme vecteur de savoir
La présence physique des artefacts sur le sol africain est présentée comme un levier pédagogique et identitaire majeur. En visitant des musées locaux, les jeunes citoyens pourraient constater par eux-mêmes la maîtrise de la métallurgie, la complexité des systèmes politiques anciens et la finesse des arts produits par leurs ancêtres. Cette confrontation directe avec le patrimoine matériel permettrait de restaurer une continuité historique rompue par les spoliations, offrant ainsi une base solide pour la construction de l'identité contemporaine.
Une diplomatie de la réparation
Le plaidoyer du dirigeant ghanéen s'inscrit dans une démarche de justice réparatrice qui refuse la posture de la culpabilisation. L'objectif affiché par le Ghana est de bâtir des partenariats internationaux constructifs pour remédier aux injustices historiques. Cette approche pragmatique vise à transformer la restitution en un processus de collaboration, garantissant que le patrimoine culturel retrouve sa place au sein des communautés et des institutions dont il a été extrait, afin de nourrir le développement futur du continent.