John Dramani Mahama appelle à un débat national sur la régulation des réseaux sociaux au Ghana

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 17 lectures
John Dramani Mahama appelle à un débat national sur la régulation des réseaux sociaux au Ghana

L'ancien président ghanéen John Dramani Mahama a plaidé pour l'ouverture d'un dialogue national sur l'encadrement des plateformes numériques, telles que TikTok. Face aux défis posés par la désinformation et l'anonymat en ligne, il appelle à une concertation entre les acteurs de la société civile pour définir un équilibre entre liberté d'expression et responsabilité collective.

Le défi de l'intégrité informationnelle

Lors d'une rencontre avec la diaspora ghanéenne à New York, John Dramani Mahama a souligné que la démocratisation de l'information, portée par les outils mobiles, a radicalement transformé le paysage médiatique. Contrairement au journalisme traditionnel, où les institutions et les professionnels engagent leur crédibilité, les réseaux sociaux permettent à n'importe quel utilisateur de diffuser des contenus amplifiés par des algorithmes sans garde-fous. Cette mutation technologique rend les mécanismes de régulation classiques obsolètes, posant la question cruciale de l'intégrité de l'information à l'échelle mondiale.

La question des arrestations liées aux contenus en ligne

Interrogé sur les interpellations récentes d'individus ayant tenu des propos insultants à son égard sur les réseaux sociaux, l'ancien chef d'État a exprimé son malaise. Bien qu'il affirme avoir une « peau dure » face aux critiques et aux injures, il s'inquiète de l'usage systématique de la force publique pour réprimer des opinions, même virulentes. Il a précisé ne pas être systématiquement informé de ces procédures judiciaires, tout en s'interrogeant sur la pertinence de l'intervention policière comme réponse unique aux dérives du discours numérique.

Vers une concertation multipartite

Pour sortir de l'arbitraire, John Dramani Mahama propose de ne pas laisser le gouvernement décider seul de la marche à suivre. Il suggère la tenue d'un forum réunissant des organisations telles que la Ghana Journalists Association (GJA) et la Media Foundation for West Africa (MFWA). L'objectif est de permettre aux parties prenantes de formuler des recommandations concrètes sur la gestion des contenus en ligne. Ces propositions serviraient de base pour guider l'action publique, tout en préservant les libertés fondamentales que le pays souhaite protéger.

Définir les limites de la liberté

Le débat soulevé par l'ancien président porte sur la frontière entre la liberté d'expression et les comportements nécessitant une intervention. Si le gouvernement pourrait théoriquement opter pour une absence totale de régulation, cette position pose question quant aux attentes réelles de la société ghanéenne. En citant l'exemple des menaces proférées contre des chefs d'État étrangers, il rappelle que la liberté d'expression n'est pas un droit absolu et qu'une réflexion collective est nécessaire pour déterminer où s'arrête le droit de dire et où commence la nécessité de protéger l'ordre public.

Le Briefing KUMBA

L'essentiel de l'actu panafricaine, chaque matin par email.

Discussion

Commentaires

Les commentaires sont modérés avant publication. Respectez les personnes et le débat.

Aucun commentaire publié pour le moment.

Soyez le premier à participer à la discussion.

Votre pays

KUMBA priorisera les contenus de ce pays.

Aucun pays trouvé.