Une information judiciaire au Sénégal révèle un vaste réseau de paris en ligne illégaux, avec des flux financiers dépassant 29 milliards de francs CFA et un différentiel suspect de près de 6 milliards. L’enquête, menée par la Division spéciale de lutte contre la cybercriminalité, met en lumière des pratiques frauduleuses incluant usurpation d’identité, publicités trompeuses et circuits financiers opaques.
Un réseau de paris illégaux démantelé
Six personnes, dont des ressortissants russes, ivoiriens, sénégalais et moldaves, ont été inculpées dans le cadre d’une information judiciaire ouverte devant le Pool judiciaire financier. Les qualifications retenues incluent l’association de malfaiteurs, l’usurpation d’image et le blanchiment de capitaux. L’enquête, initiée par une plainte de la Loterie nationale sénégalaise, révèle des mécanismes publicitaires frauduleux et des flux financiers suspects.
Les investigations ont permis d’identifier un compte marchand lié à la plateforme Melbet, ayant encaissé près de 30 milliards de francs CFA en quatre mois. Cependant, seulement 23,5 milliards ont été redistribués, laissant un différentiel de près de 6 milliards de francs CFA. Ce montant, non expliqué par les frais techniques, interroge sur l’origine et la destination des fonds.
Des pratiques frauduleuses et une enquête en cours
Les publicités associées à Melbet promettaient des gains immédiats, utilisant illégalement l’image de la Radiodiffusion télévision sénégalaise (RTS) et du footballeur Sadio Mané. Les utilisateurs étaient redirigés vers des plateformes non officielles, où des gains virtuels étaient affichés avant de réclamer des paiements pour les débloquer. Les enquêteurs ont également identifié des circuits financiers parallèles, notamment via des comptes Wave non déclarés.
L’affaire, qualifiée de « tentaculaire », dépasse le cadre des simples infractions aux jeux en ligne. Elle soulève des questions sur la régulation des plateformes de paris en Afrique et la lutte contre la cybercriminalité financière. Les autorités judiciaires poursuivent leurs investigations pour identifier les bénéficiaires réels des fonds et les modalités de leur redistribution.