Le tribunal de première instance de Jérusalem a déclaré Yona Simha Schreiber pénalement irresponsable de l'agression d'une religieuse catholique française, survenue en avril 2026. S'appuyant sur une expertise psychiatrique concluant à un état psychotique au moment des faits, la justice a ordonné son placement en établissement de soins pour une durée maximale de six ans, une décision qui suscite des interrogations sur la réponse judiciaire face aux violences visant des figures religieuses.
Une décision judiciaire sous expertise psychiatrique
Le juge Ofer Teshler a validé les conclusions du rapport psychiatrique de district, affirmant que l'accusé souffrait de schizophrénie, ce qui l'empêchait de comprendre ou de contrôler ses actes lors de l'agression. Bien que le tribunal ait reconnu la matérialité des faits — filmés par des caméras de surveillance montrant l'agresseur poussant violemment la religieuse puis s'en prenant à un passant — cette qualification d'irresponsabilité pénale écarte toute peine de prison ferme. Le placement en soins psychiatriques pourra être réévalué par un comité spécialisé, ouvrant la possibilité d'une libération anticipée avant le terme des six ans.
Le malaise persistant des communautés religieuses
Cette issue judiciaire est accueillie avec réserve par les représentants des Églises en Terre sainte. Si la défense souligne que le traitement médical est une mesure de sécurité, l'avocat de la victime et des responsables académiques, comme le directeur de l'École biblique et archéologique française, regrettent l'absence de sanction pénale. La nature ciblée de l'attaque, visant une femme clairement identifiable par son habit religieux, alimente les craintes que les discours de haine extrémistes ne se traduisent par une insécurité croissante pour les minorités chrétiennes dans la région.
Un climat de tensions régionales
L'affaire Schreiber s'inscrit dans un contexte plus large d'incidents visant des symboles chrétiens, incluant des profanations de statues au Liban par des soldats israéliens. Ces événements ont contraint les autorités israéliennes à réagir, notamment par la nomination d'un officier de liaison dédié à la communauté chrétienne et l'affichage d'une politique de « tolérance zéro ». Malgré ces engagements officiels, la multiplication des agressions et la perception d'une réponse judiciaire parfois jugée insuffisante maintiennent une pression constante sur les autorités pour garantir la liberté de culte et la sécurité des religieux sur le terrain.