La Première dame du Rwanda, Jeannette Kagame, a profité du « Young Leaders’ Prayer Breakfast » à Kigali pour adresser un message aux cadres et décideurs de demain. Elle a souligné que la réussite institutionnelle et professionnelle ne saurait occulter la responsabilité fondamentale de bâtir des foyers solides, socles indispensables à la stabilité de la nation.
L'équilibre entre ambition et vie privée
Face à une génération portée par une culture de la performance, Jeannette Kagame a mis en garde contre le risque de délaisser les fondations familiales au profit de l'ascension sociale. Selon elle, la construction d'un foyer exige une intentionnalité et un effort quotidien comparables à ceux déployés dans la gestion des affaires publiques ou privées. Elle a déploré une tendance croissante à privilégier les symboles du mariage et de la parentalité — comme la célébration ou le statut — au détriment de l'engagement concret et des responsabilités quotidiennes qu'ils impliquent.
La fragilité des liens au quotidien
L'intervention a également mis en lumière la manière dont les relations s'érodent, non pas par des crises majeures, mais par l'accumulation de critiques, de silences et de retraits émotionnels. Pour la Première dame, le mariage doit être perçu comme un ministère où la sécurité émotionnelle prime sur la surveillance mutuelle. Elle a insisté sur le fait que le bonheur ne survient pas par hasard, mais se construit par des choix délibérés, refusant l'idée d'attendre des conditions extérieures idéales pour investir dans sa vie de famille.
Le rôle de l'accompagnement et des valeurs
Le témoignage d'Eric et Bonita Munyemana, mariés depuis 28 ans, a illustré cette approche proactive. Le couple a partagé comment, face aux pressions professionnelles et aux conflits de personnalité, ils ont choisi de privilégier la communication, la recherche de conseils extérieurs et l'ancrage dans des valeurs partagées. Ce choix a parfois nécessité des sacrifices, comme l'arrêt d'une activité professionnelle pour assurer une présence parentale accrue, illustrant la priorité donnée à la transmission de valeurs aux enfants.
Un enjeu pour la cohésion nationale
Au-delà de la sphère privée, cet appel résonne avec les préoccupations des institutions nationales. Monique Mukamana, responsable au sein de l'Agence nationale de développement de l'enfant (NCDA), a rappelé que les difficultés familiales ont des répercussions directes sur le bien-être des enfants et, par extension, sur la société. En conclusion, Jeannette Kagame a rappelé aux jeunes leaders que si l'éducation et les compétences techniques sont essentielles pour bâtir la prospérité du Rwanda, elles restent insuffisantes sans une base familiale solide, véritable fondation sur laquelle repose la pérennité des institutions nationales.