L'ingénieur Jean-Marc Jancovici, figure de proue de la décarbonation, initie le projet « Un Commun Accord » afin d'imposer les enjeux climatiques dans le débat de la prochaine élection présidentielle française. Cette démarche repose sur une assemblée de 150 citoyens tirés au sort, chargés de formuler des solutions face aux dilemmes structurels du pays.
Une méthodologie axée sur l'expertise et la délibération
Le processus se déroulera sur six week-ends, entre septembre 2026 et février 2027, au sein du Conservatoire national des arts et métiers à Paris. La démarche se divise en deux phases distinctes : une période initiale d'auditions d'experts et de scientifiques pour fournir une base factuelle solide, suivie de quatre sessions de délibérations collectives. Les participants devront se confronter à des arbitrages complexes, tels que la gestion des ressources naturelles en raréfaction ou les tensions entre impératifs économiques et pouvoir d'achat.
Une influence citoyenne sans mandat institutionnel
Contrairement à la Convention Citoyenne pour le Climat initiée par le gouvernement en 2019, « Un Commun Accord » ne bénéficie d'aucun cadre institutionnel. Jean-Marc Jancovici précise que l'objectif n'est pas de promettre une mise en œuvre politique des propositions, mais d'inscrire ces réflexions dans l'espace public. L'enjeu est de forcer les candidats à se positionner sur des priorités établies par les citoyens, tout en exposant la réalité des contraintes physiques et économiques.
Soutiens médiatiques et financement participatif
Le projet bénéficie de la visibilité de personnalités issues de divers horizons, notamment l'acteur Thierry Lhermitte, le navigateur François Gabart et les créateurs de contenu McFly et Carlito. Pour garantir son indépendance et asseoir sa légitimité, l'organisation a lancé une campagne de financement participatif sur la plateforme Ulule. Cette stratégie vise à démontrer un soutien populaire massif, symbolisé par des contributions individuelles, alors que le calendrier des travaux coïncide avec l'effervescence de la campagne présidentielle.
Un espace de contribution numérique ouvert
Au-delà des 150 citoyens tirés au sort, les organisateurs ont mis en place une plateforme numérique permettant à l'ensemble des Français de suivre les travaux et de contribuer aux réflexions. Cette volonté d'ouverture cherche à élargir le périmètre du débat, en invitant les citoyens à s'approprier les dilemmes soulevés par l'assemblée, renforçant ainsi la portée du mouvement dans le débat public national.