En clôture de l'université d'été de La France Insoumise (LFI) dans la Drôme, Jean-Luc Mélenchon a officiellement réaffirmé sa candidature pour l'élection présidentielle de 2027. Devant ses militants, le leader insoumis a présenté une plateforme axée sur une transformation radicale de la gestion publique, de la politique environnementale et des relations internationales de la France.
Un programme économique de rupture
Jean-Luc Mélenchon a placé la question de la dette publique au cœur de son argumentaire, préconisant une intervention de la Banque centrale européenne pour « mettre au congélateur » les dettes contractées durant la période Covid. Pour financer son projet, le candidat propose une taxation accrue des superprofits des grandes entreprises, couplée à une hausse des salaires visant à stimuler la consommation populaire. Il a par ailleurs réfuté les critiques sur sa gestion économique, se présentant comme le garant d'une rigueur budgétaire opposée à ce qu'il qualifie de « ruine » actuelle.
La conscription écologique comme levier de transformation
Sur le plan environnemental, le projet insoumis introduit le concept de « conscription écologique », un service citoyen obligatoire de neuf mois pour les moins de 25 ans, rémunéré au Smic. Cette mesure vise à constituer des gardes régionales de sécurité civile. Le candidat a également annoncé une réorganisation territoriale via la création d'« écorégions » basées sur les bassins versants, tout en promettant l'abrogation de la loi Duplomb, justifiant cette décision par la nécessité de lutter contre l'exposition aux polluants et aux métaux lourds.
Refonte de l'autorité de l'État et posture internationale
Le discours a marqué une volonté de reprise en main de l'appareil d'État, notamment vis-à-vis du corps préfectoral. Jean-Luc Mélenchon a exigé une neutralité stricte des préfets, les sommant de cesser toute confrontation avec les élus parlementaires. À l'international, il a vivement critiqué la diplomatie d'Emmanuel Macron, qu'il juge alignée sur le « trumpisme » et déconnectée des nouveaux équilibres géopolitiques mondiaux, marqués selon lui par l'enlisement des puissances traditionnelles.
Une opposition frontale au budget 2027
Dans une perspective immédiate, le leader de LFI a confirmé que son groupe parlementaire voterait la censure du prochain budget de l'État, qui sera présenté en septembre par le Premier ministre Sébastien Lecornu. Anticipant des mesures qu'il juge délétères pour l'économie française, il a fait de ce rejet un marqueur politique fort, consolidant ainsi sa stratégie d'opposition frontale à l'exécutif en vue de l'échéance électorale de 2027.