Le vice-président américain JD Vance a qualifié le conflit entre Téhéran et Washington de « pas une guerre », malgré les frappes militaires et les tensions persistantes dans le détroit d’Ormuz, artère vitale pour le commerce mondial du pétrole. Alors que les États-Unis ont mené deux frappes en Iran ces derniers jours, Vance a minimisé l’ampleur des hostilités en soulignant l’absence d’échanges de tirs directs. Une position qui contraste avec les déclarations iraniennes et les données sur le trafic maritime, révélant une réalité plus complexe.
Des frappes américaines et une rhétorique de désescalade
JD Vance a affirmé que le conflit en Iran n’était « pas une guerre », précisant qu’aucun échange de tirs n’avait lieu actuellement. Pourtant, les États-Unis ont mené deux frappes militaires en Iran ces derniers jours, dont une ayant causé la mort de quatre personnes lors d’un mariage. L’Iran a promis de venger cette attaque, tandis que Vance a exprimé son scepticisme quant aux comptes-rendus des médias d’État iraniens, tout en reconnaissant que Washington menait une enquête approfondie.
Cette rhétorique de désescalade intervient alors que Donald Trump, président américain, envisagerait de déclarer officiellement la fin du conflit. Pourtant, six mois après le début des hostilités, aucune date de fin n’a été fixée, contrairement aux promesses initiales de Trump évoquant une durée maximale de quelques semaines.
Le détroit d’Ormuz : un retour à la normale ou une illusion ?
Le vice-président Vance a affirmé que le passage dans le détroit d’Ormuz, stratégique pour le transport du pétrole et du gaz, était « presque » revenu à la normale. Selon lui, le trafic maritime a fortement rebondi, avec 30 à 40 navires transitant chaque nuit, contre une quasi-paralysie trois mois plus tôt. Donald Trump a même partagé un graphique indiquant un trafic proche des 18 millions de barils de pétrole par jour, contre 20 millions avant le conflit.
Cependant, les données de la plateforme Kpler révèlent une réalité plus nuancée. Si le nombre de transits a effectivement augmenté depuis un accord de paix signé mi-juin, il reste bien en dessous des niveaux d’avant-guerre. Entre le 8 juillet et le 22 août, seuls 15 navires en moyenne transitaient quotidiennement, contre 95 en février. Pire encore, deux tiers des navires sont désormais « fantômes », leurs itinéraires étant indétectables en raison de transpondeurs désactivés ou de signaux brouillés.
Un enjeu énergétique et géopolitique toujours explosif
Le détroit d’Ormuz, par lequel transite près de 20 % du pétrole mondial, reste un point de tension majeur. Son verrouillage par l’Iran en mars avait provoqué une chute drastique du trafic, menaçant l’approvisionnement énergétique mondial. Bien que les États-Unis affirment avoir repris le contrôle, les données suggèrent une reprise partielle et fragile, avec des risques persistants de perturbations.
La minimisation des hostilités par Vance et Trump pourrait refléter une stratégie de communication visant à rassurer l’opinion publique américaine à l’approche des élections législatives. Pourtant, les frappes récentes et les tensions non résolues rappellent que le conflit reste une menace tangible pour la stabilité régionale et mondiale.