Le président argentin Javier Milei a profité d’une remise de prix à Washington pour appeler les électeurs américains à soutenir Donald Trump aux élections de mi‑mandat, affirmant que le résultat aurait des répercussions sur tout l’Occident. Son discours, prononcé lors d’un gala dédié au patrimoine hispanique, s’inscrit dans une alliance politique et économique déjà consolidée entre les deux dirigeants.
Un appel politique depuis la capitale américaine
Devant une audience de la communauté hispanique et d’investisseurs, Milei a déclaré que les conservateurs « ne peuvent pas céder le moindre centimètre » dans ce qu’il a qualifié de « reconquête de l’hémisphère ». Il a souligné que le vote de novembre était « crucial pour le West » et a exhorté le président Trump à sortir renforcé de cette échéance électorale. Le président argentin a également annoncé qu’il s’adresserait à la Chambre de commerce américaine le lendemain, renforçant ainsi la visibilité de son programme réformateur auprès du secteur privé américain.
Le soutien américain : un swap de 20 milliards de dollars
Le lien entre Milei et Trump ne se limite pas à la rhétorique. En 2025, le président américain a publiquement soutenu Milei, le qualifiant de « président préféré ». Ce soutien s’est concrétisé par un accord de swap monétaire de 20 milliards de dollars, présenté par le secrétaire au Trésor Scott Bessent. L’opération, qui a vu les États‑Unis échanger des dollars contre des pesos argentins, a été mise en place peu après la défaite du parti de Milei à une élection provinciale clé. Trump avait clairement indiqué que son appui dépendait de la victoire de Milei : « Si il gagne, nous restons avec lui ; s’il perd, nous partons ».
Réactions des marchés et des opposants aux États‑Unis
Lorsque Trump a rappelé que le soutien américain ne serait pas « généreux » en cas de perte de Milei, les marchés argentins ont réagi négativement. L’indice boursier principal a perdu environ 2 % après l’annonce, reflétant les craintes d’une éventuelle rupture de l’aide financière. Aux États‑Unis, l’accord a suscité la critique de parlementaires démocrates, qui ont dénoncé une priorité donnée à un sauvetage extérieur alors que le gouvernement américain était en période de shutdown. Ces critiques soulignent les tensions entre la politique intérieure américaine et les engagements internationaux, notamment dans le contexte d’une droite latino‑américaine en pleine expansion.