À Bujumbura, Jadot Nkurunziza transforme la conscience écologique en action collective concrète. À travers son association « Ça nous concerne tous », ce jeune militant mobilise des milliers de citoyens pour la préservation des écosystèmes urbains et la lutte contre la pollution, tout en créant des opportunités économiques locales.
De la transmission familiale à l'expertise environnementale
L'engagement de Jadot Nkurunziza, né en 1994, puise ses racines dans les enseignements de son grand-père, pépiniériste à Bukeye. Très tôt, il assimile l'arbre non comme un simple élément décoratif, mais comme une ressource vitale indispensable à la construction, à l'énergie et à la santé respiratoire. Fort de cette éducation, il a consolidé ses connaissances par une formation spécialisée en protection de l'environnement en Ouganda, avant de revenir au Burundi pour appliquer ces principes au contexte urbain de la capitale.
Mobilisation citoyenne et assainissement urbain
Le cœur de son action repose sur une approche participative. Sur le boulevard Mwezi Gisabo ou aux abords du lac Tanganyika, il fédère des groupes de jeunes pour des opérations d'assainissement et de lutte contre la prolifération de la jacinthe d'eau, une espèce invasive menaçant la biodiversité locale. Cette capacité à organiser le travail communautaire, héritée notamment de son expérience dans le mouvement scout, lui permet de mener des projets d'envergure, tels que l'embellissement des espaces publics et la plantation d'arbres fruitiers, en étroite collaboration avec les autorités communales.
Un modèle alliant écologie et autonomisation économique
Au-delà de l'impact environnemental, les activités de Nkurunziza génèrent des retombées socio-économiques directes. La pépinière installée près de la rivière Ntahangwa fonctionne comme une unité de production offrant des emplois rémunérés. Pour les travailleurs, cette activité constitue une source de revenus stable permettant de couvrir des besoins essentiels, tels que la scolarisation des enfants. Ce modèle démontre que la protection de l'environnement peut devenir un moteur de résilience économique pour les familles burundaises.
Reconnaissance internationale et vision partagée
L'impact de son travail a dépassé les frontières nationales, comme en témoigne le prix du meilleur jeune volontaire de l'année reçu lors de la COP26 en 2021. Malgré cette distinction internationale, Nkurunziza insiste sur le caractère collectif de sa réussite, qu'il attribue à la synergie entre les différentes associations locales. Son ambition demeure constante : ancrer la responsabilité environnementale dans le quotidien de chaque citoyen pour bâtir un Burundi durable, où la propreté et la reforestation deviennent des réflexes partagés par tous.