Le ministre de la Sécurité nationale d’Israël, Itamar Ben‑Gvir, a mené lundi une incursion massive au complexe d’Al‑Aqsa, sous protection policière, alors que la ville s’apprêtait à célébrer la fête juive de Soukkot. L’opération, qui a mobilisé plusieurs centaines d’Israéliens, s’inscrit dans une série de restrictions imposées aux Palestiniens et alimente un climat de confrontation religieuse et sécuritaire.
Une incursion orchestrée par le ministre de la Sécurité nationale
Accompagnés de partisans, des centaines d’Israéliens ont pénétré le site sacré d’Al‑Aqsa, que les Juifs désignent comme le Mont du Temple. Le ministre Ben‑Gvir a déclaré publiquement « Nous sommes les propriétaires du lieu à Al‑Aqsa », avant de prononcer un discours affirmant la victoire du peuple israélien et la primauté de la prière juive sur le site. Selon les autorités de la gouvernorat de Jérusalem, environ 900 personnes ont franchi les portes du complexe dès le matin.
Mesures de sécurité et restrictions imposées aux Palestiniens
Pour sécuriser l’accès des manifestants, les forces israéliennes ont bouclé les carrefours et les rues entourant la Vieille Ville, limitant les déplacements autour du Mont du Temple. En parallèle, l’Association pour les droits civils en Israël a signalé que des dizaines de commerçants palestiniens du marché du Coton ont été contraints de fermer leurs établissements afin de laisser place aux prières juives pendant Soukkot. Cette fermeture a affecté cafés, restaurants et boutiques, accentuant le sentiment d’injustice parmi la population locale.
Réactions palestiniennes et risques d’escalade
Le porte‑parole du président palestinien, Nabil Abu Rudeineh, a qualifié l’incursion de « jeu dangereux » et d’une provocation susceptible d’attiser les sentiments musulmans à l’échelle mondiale. Il a averti que ces actions pouvaient déclencher une guerre religieuse dans la région. Le contexte s’inscrit dans une pratique depuis 2003 où la police israélienne autorise des groupes d’Israéliens à accéder quotidiennement au site, à l’exception des vendredis et samedis, tout en imposant régulièrement des restrictions aux fidèles palestiniens.
Historique des restrictions et impact sur le dialogue interconfessionnel
Les restrictions ne sont pas nouvelles : cette année, les autorités ont limité l’accès à la prière du premier vendredi du Ramadan à seulement 10 000 Palestiniens, alors que la population du territoire occupé compte 3,3 millions d’habitants. Ces mesures, perçues comme discriminatoires, compliquent les efforts de dialogue interreligieux et renforcent les accusations de politique de domination religieuse. Le déroulement de l’incursion de lundi, accompagné de chants et de danses dans la cour d’Al‑Aqsa, illustre la montée des tensions à un moment où les fêtes religieuses coïncident, augmentant le risque d’affrontements violents.