Le gouvernement italien a adopté un décret-loi qui interdit le port du burqa et du niqab dans les écoles et fixe un plafond de 30 % d’élèves non‑italophones dans chaque classe à partir de l’an prochain. Les contrevenants s’exposent à une amende pouvant atteindre 1 000 €, soit environ 1 140 $.
Décret‑loi et sanctions prévues
Le texte a été adopté par le cabinet de Giorgia Meloni jeudi et entrera en vigueur immédiatement, sous réserve d’une ratification parlementaire dans les 60 jours suivants. Le président de la République, Sergio Mattarella, doit également le signer ; il a exprimé des réserves quant à l’imposition de barrières à l’accès à l’éducation. Le non‑respect du dispositif sera puni d’une amende maximale de 1 000 €.
Capacité maximale des élèves non‑italophones
Le même décret impose que les classes ne puissent pas dépasser 30 % d’élèves ne maîtrisant pas l’italien, une mesure qui prendra effet dès la prochaine année scolaire. Selon le ministère de l’Éducation, les étudiants non‑citoyens représentaient 11,2 % de la population scolaire en 2022‑2023, tandis que 7,6 % des classes dépassaient déjà ce seuil. L’impact estimé concerne environ 1 000 salles de classe, soit 0,3 % du total national.
Réactions politiques et syndicales
Le parti d’extrême droite Futuro Nazionale (FN), dirigé par le général Roberto Vannacci, a salué la mesure comme une réponse à son appel à « remigration ». En revanche, Elly Schlein, leader du Parti démocrate, a qualifié le décret de « décret honteux » détournant l’attention des véritables problèmes du système scolaire. Les syndicats d’enseignants ont dénoncé un manque de concertation et de ressources, tandis que le président de l’Association nationale des directeurs d’établissements, Antonello Giannelli, a souligné les difficultés pratiques d’application, notamment dans les zones à forte concentration de migrants.
Mise en œuvre et soutien linguistique
Le ministre de l’Éducation, Giuseppe Valditara, a indiqué que les autorités locales coordonneront les affectations afin d’éviter les concentrations d’élèves non‑italophones. Les établissements qui ne pourraient pas se conformer bénéficieraient d’exemptions ainsi que d’un financement supplémentaire dédié au soutien linguistique. Cette approche vise à concilier l’objectif d’intégration avec les contraintes logistiques des établissements scolaires.