Une enquête publiée par le quotidien Haaretz place le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, au cœur d'une controverse majeure. Le dirigeant est accusé d'avoir reçu, fin septembre 2023, des avertissements directs de la part du président des Émirats arabes unis concernant une opération imminente du Hamas, sans pour autant en informer les services de sécurité israéliens.
Des alertes ignorées au sommet de l'État
Selon les révélations basées sur un livre-enquête, le président émirati, Mohammed ben Zayed, aurait contacté Benyamin Nétanyahou pour lui transmettre des informations cruciales obtenues via des canaux diplomatiques. Ces renseignements faisaient état d'une « opération terrifiante » préparée par le Hamas, qualifiée de « tremblement de terre » par Yahya Sinouar, alors chef du mouvement à Gaza. Malgré l'insistance du dirigeant émirati lors d'un échange téléphonique de 45 minutes, le Premier ministre israélien aurait minimisé la menace, affirmant que le Hamas se concentrait sur la Cisjordanie et qu'Israël était prêt à toute éventualité.
Le silence face aux services de renseignement
L'enquête souligne une faille critique dans la chaîne de commandement : Benyamin Nétanyahou n'aurait pas relayé ces échanges aux chefs du Shin Bet, du Mossad ou de l'armée. Cette rétention d'information aurait empêché les services de sécurité de faire le lien avec l'interruption soudaine des négociations secrètes entre Israël et le Hamas, qui visaient alors un accord sur les otages. Des sources au sein du renseignement intérieur suggèrent qu'une transmission de ces alertes aurait pu modifier radicalement l'évaluation de la situation sécuritaire et potentiellement prévenir le drame du 7 octobre.
Une tempête politique à l'approche des élections
Ces révélations ont provoqué une onde de choc immédiate dans le paysage politique israélien, déjà tendu par l'approche d'élections législatives. L'opposition, menée par des figures comme Gadi Eizenkot et Naftali Bennett, dénonce une faute grave et réclame une commission d'enquête indépendante, une demande que le Premier ministre continue de rejeter. De son côté, le bureau de Benyamin Nétanyahou a formellement démenti ces allégations, qualifiant les informations de « mensonge total » et annonçant des poursuites judiciaires pour diffamation contre le journal et les auteurs de l'enquête.