Un ministre israélien d’extrême droite, Itamar Ben-Gvir, a publiquement appelé à des frappes ciblées tuant entre 30 et 40 Palestiniens chaque nuit à Gaza, relançant les tensions et alimentant les craintes d’une escalade génocidaire.
Les faits essentiels
Lors d’un entretien diffusé dimanche, le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, a explicitement préconisé l’élimination nocturne de 30 à 40 personnes à Gaza, y compris des civils non menaçants. Ces propos, tenus dans le cadre d’un podcast, ont été rapidement relayés par les médias palestiniens et internationaux.
Ben-Gvir, figure centrale de l’extrême droite israélienne, a justifié ces mesures par une rhétorique déshumanisante, qualifiant les Palestiniens de Gaza de « non-êtres humains » indignes de vivre. Il a également réitéré son soutien à une émigration massive des Palestiniens et à la colonisation de Gaza, évoquant même le rétablissement des colonies juives démantelées en 2005.
Bien que Ben-Gvir n’ait aucun pouvoir direct sur les opérations militaires, son influence sur l’appareil sécuritaire israélien, notamment via la gestion des prisons où sont détenus des milliers de Palestiniens, reste majeure. Ses déclarations s’inscrivent dans une stratégie plus large de durcissement politique, alors que des élections israéliennes approchent.
Pourquoi c'est important
Ces propos, loin d’être isolés, s’ajoutent à un corpus de déclarations extrémistes ayant déjà fait l’objet de condamnations internationales, notamment devant la Cour internationale de justice. Ils révèlent une radicalisation croissante de la classe politique israélienne, où des idéologies autrefois marginales gagnent désormais une audience centrale.
L’impact de ces déclarations dépasse le cadre symbolique : elles reflètent une normalisation inquiétante de la violence systématique contre les civils palestiniens, tout en servant de levier politique pour Ben-Gvir et ses alliés. Leur instrumentalisation électorale, à quelques semaines du scrutin, pourrait aggraver la crise humanitaire à Gaza et compromettre toute perspective de paix.
Ce qu'il faut surveiller
Plusieurs éléments méritent une attention immédiate. D’abord, la réaction des institutions israéliennes face à ces propos : Ben-Gvir, bien que puissant, reste un acteur controversé, et son discours pourrait soit être endossé par une partie de l’establishment, soit être désavoué pour des raisons stratégiques.
Ensuite, l’évolution de la situation humanitaire à Gaza, où les frappes israéliennes, déjà dévastatrices, pourraient s’intensifier en cas de mise en œuvre partielle de ces directives. Enfin, la réponse internationale, notamment celle des partenaires occidentaux d’Israël, sera déterminante pour contenir ou amplifier cette dynamique.
Les prochaines semaines seront cruciales : entre la pression électorale en Israël et l’impasse diplomatique persistante, le risque d’une escalade incontrôlable reste élevé.