Israël : le gouvernement menace de déchoir de leur nationalité deux réalisateurs primés à Venise

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 35 lectures
Israël : le gouvernement menace de déchoir de leur nationalité deux réalisateurs primés à Venise

Le documentaire NAZA, récompensé par un prix spécial à la Mostra de Venise, provoque une vive réaction au sein du gouvernement israélien. Le ministre de la Culture, Miki Zohar, a publiquement exprimé son intention de déchoir de leur nationalité les réalisateurs Yuval Abraham et Rachel Szor, les accusant de « trahison » envers l'État.

Des accusations de trahison au sommet de l'État

La réaction des autorités israéliennes a été immédiate et virulente. Miki Zohar a qualifié le travail des deux journalistes d'investigation de tentative délibérée de « nuire à leur patrie » pour s'attirer les faveurs d'une audience internationale critique. Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a également pris position sur les réseaux sociaux, sommant les réalisateurs de quitter le pays. Ces prises de position soulignent une tension croissante entre le pouvoir exécutif et les voix critiques au sein de la société civile israélienne.

Le contenu polémique du documentaire NAZA

Le film, d'une durée de 80 minutes, s'appuie sur les témoignages anonymes de 24 membres de l'armée et des services de renseignement israéliens. Les intervenants y décrivent le recours à des systèmes technologiques avancés, incluant l'intelligence artificielle, pour localiser des cibles présumées du Hamas via leurs téléphones mobiles. Le documentaire met en lumière l'usage du terme « NAZA », un acronyme interne désignant le nombre estimé de victimes civiles acceptées lors d'une frappe. Selon les témoignages, les militaires disposent d'outils permettant de quantifier précisément la présence de civils dans les logements visés par les bombardements.

Le cadre juridique de la déchéance de nationalité

Bien que la législation israélienne permette théoriquement de retirer la nationalité à des citoyens pour des motifs de « manque de loyauté », tels que l'espionnage ou la trahison, cette mesure demeure exceptionnelle. Un cadre juridique consolidé par la Cour suprême en 2022, puis élargi en 2023 pour inclure les condamnations liées au terrorisme, encadre cette procédure. Pour qu'une telle sanction soit effective, elle nécessite une requête formelle du ministre de l'Intérieur, une approbation du ministère de la Justice, et une validation finale par des magistrats. À ce stade, l'annonce ministérielle constitue une pression politique forte, sans qu'une procédure judiciaire n'ait été officiellement enclenchée contre les deux cinéastes.

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