Malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis octobre 2023, les frappes israéliennes se poursuivent dans la bande de Gaza, faisant au moins trois morts en une journée, tandis que le gouvernement israélien relance un projet controversé de déplacement massif des Palestiniens.
Des frappes meurtrières malgré l'accord de trêve
Un drone israélien a frappé le quartier de Rimal, à l'ouest de Gaza-Ville, tuant une personne et blessant plusieurs autres, selon des sources médicales locales. Parallèlement, des tirs de l'armée israélienne dans la ville de Beit Lahia, au nord de l'enclave, ont fait deux morts, dont un enfant de 13 ans, et plusieurs blessés. L'armée israélienne justifie ces attaques par l'élimination de « terroristes » ayant franchi la « Ligne jaune », une zone tampon instaurée dans le cadre du cessez-le-feu.
Un plan de déplacement forcé de deux millions de Palestiniens
Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, a dévoilé jeudi un projet visant à expulser environ deux millions de Palestiniens de Gaza en sept ans. Selon ses déclarations, 250 000 personnes devraient quitter l'enclave dès la première année, 1,1 million d'ici trois ans et près de 1,9 million en sept ans. Ce plan prévoit la création d'un ministère dédié et la recherche d'accords avec des pays tiers pour accueillir les déplacés. Ben-Gvir présente cette initiative comme une « solution réaliste » au conflit israélo-palestinien, encourageant l'émigration des habitants de Gaza.
Des accusations de crime de guerre et une crise humanitaire aggravée
Le déplacement forcé de civils en territoire occupé constitue une violation des Conventions de Genève et est considéré comme un crime de guerre. Depuis le début de la guerre en octobre 2023, la majorité des habitants de Gaza ont déjà été déplacés de force par les offensives israéliennes, qui ont fait plus de 73 000 morts selon le ministère de la Santé de Gaza. Depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, plus de 1 330 personnes supplémentaires ont péri sous les frappes.
Une stratégie israélienne en pleine escalade politique
Le projet de Ben-Gvir intervient alors que le gouvernement israélien, dirigé par le ministre de la Défense Israel Katz, réaffirme sa volonté de poursuivre le déplacement des Palestiniens de Gaza. Cette annonce coïncide avec une période de tensions politiques internes, à quelques semaines des élections législatives israéliennes prévues le 27 octobre. La radicalisation de la politique israélienne envers Gaza, couplée à la poursuite des violences malgré les trêves, soulève des questions sur l'évolution du conflit et ses conséquences humanitaires.