Au coude-à-coude avec Benjamin Netanyahu lors des élections législatives de ce mardi 27 octobre, l'ancien chef d'état-major Gadi Eisenkot incarne désormais la principale alternative au Premier ministre sortant. Fort de son statut de militaire respecté, il propose une rupture avec la gestion actuelle du pays, marquée par les conséquences du 7-Octobre et une profonde crise de confiance institutionnelle.
Une ascension politique fulgurante
Nouveau venu dans l'arène politique, Gadi Eisenkot, 66 ans, a rapidement gravi les échelons après son entrée à la Knesset en 2022. Ancien membre du cabinet de guerre formé par Benjamin Netanyahu après les attaques du 7-Octobre, il a quitté ses fonctions sept mois plus tard, invoquant des désaccords stratégiques majeurs sur la conduite des opérations à Gaza et au Liban. Aujourd'hui à la tête de sa propre formation, « Yashar », il mise sur une image de sobriété et d'intégrité pour se démarquer d'un Premier ministre dont la longévité au pouvoir est entachée par des poursuites judiciaires pour corruption.
Le 7-Octobre au cœur de la rupture
La candidature d'Eisenkot est indissociable du traumatisme national du 7-Octobre, une tragédie qui l'a personnellement touché avec la perte de son fils et de deux neveux. Il accuse ouvertement Benjamin Netanyahu d'avoir conduit Israël à une catastrophe historique par son inaction face aux signaux d'alerte. Parmi ses engagements prioritaires figure l'instauration d'une commission d'enquête indépendante sur les défaillances sécuritaires, ainsi qu'une réforme du service national visant à inclure les juifs ultra-orthodoxes, actuellement exemptés.
Entre fermeté sécuritaire et défense de l'État de droit
Bien qu'il se positionne comme un opposant à la ligne politique de Netanyahu, Gadi Eisenkot reste un tenant d'une doctrine sécuritaire rigide. Héritier de la « doctrine de Dahiyé » prônant des représailles massives, il rejette catégoriquement la solution à deux États, jugeant cette perspective déconnectée de la réalité sécuritaire actuelle. Toutefois, il se distingue nettement sur le plan intérieur en promettant de protéger l'indépendance judiciaire et les libertés publiques. Il propose notamment de limiter la durée des mandats des Premiers ministres et d'interdire l'accès au gouvernement à toute personne faisant l'objet de poursuites pénales, un point qui constitue un défi direct à la survie politique de son rival.