Au lendemain des élections législatives israéliennes, le paysage politique se recompose autour de Gadi Eisenkot, ancien chef militaire, qui apparaît désormais comme le candidat le mieux placé pour recevoir le mandat de formation du gouvernement. Ce basculement intervient alors que le parti ultra-orthodoxe Judaïsme unifié de la Torah, allié historique de Benjamin Netanyahu, a refusé de renouveler son soutien au Premier ministre sortant lors des consultations présidentielles.
Un désaveu stratégique au sein de la droite
Le refus du parti Judaïsme unifié de la Torah de recommander un candidat marque une rupture symbolique forte. Bien que cette formation n'ait pas officiellement rallié Eisenkot, son refus de soutenir Netanyahu fragilise la position de ce dernier. Les observateurs y voient une manœuvre tactique visant à rappeler au Premier ministre que leur appui n'est pas acquis, tout en maintenant une pression constante sur la question sensible de l'exemption du service militaire pour les étudiants des écoles talmudiques. Pour Gadi Eisenkot, qui prône la fin de ces exemptions, ce dossier constitue un point de friction majeur avec les partis religieux.
Le rôle charnière des élus arabes
La configuration du nouveau parlement, composé de 120 sièges, place les partis arabes dans une position d'arbitres. La liste Raam, dirigée par Mansour Abbas, a officiellement recommandé Gadi Eisenkot auprès du président Isaac Herzog. Cette dynamique reflète une mobilisation accrue de la minorité arabe, portée par une vive opposition aux politiques menées par le gouvernement Netanyahu. Toutefois, une telle alliance place Eisenkot face à un dilemme politique : accepter ce soutien pourrait lui aliéner certains de ses alliés au sein de l'opposition, dont les positions sur la question palestinienne restent très fermes.
Le processus de formation sous tension
Le président Isaac Herzog dispose désormais de la prérogative de désigner le législateur chargé de former une coalition. Bien que le bloc de Netanyahu totalise 53 sièges contre 48 pour celui d'Eisenkot, la tradition politique favorise généralement le candidat bénéficiant du plus grand nombre de recommandations. Une fois le mandat confié, le futur formateur disposera de 28 jours, avec une extension possible de 14 jours, pour bâtir une majorité stable. Dans un climat marqué par des accusations de Netanyahu sur la loyauté des citoyens arabes et des soupçons d'ingérence étrangère, la capacité d'Eisenkot à rassembler au-delà de son bloc initial sera déterminante pour l'avenir de l'exécutif israélien.