Les récentes élections législatives en Israël ont débouché sur un blocage institutionnel, aucun des deux principaux camps ne parvenant à obtenir la majorité absolue de 61 sièges à la Knesset. Alors que le Likoud de Benjamin Netanyahu et la coalition menée par l'ancien général Gadi Eisenkot se retrouvent au coude-à-coude, le rôle des partis arabes, qui ont réalisé une percée historique avec 19 sièges, devient le pivot central de futures tractations complexes.
Le poids décisif des partis arabes
Avec 54 sièges pour la coalition de droite et d'extrême droite de Benjamin Netanyahu et 49 sièges pour le bloc d'opposition, la formation d'un gouvernement semble compromise. Les partis arabes, désormais incontournables, se retrouvent en position de faiseurs de rois. Si Youssef Jabareen, dirigeant de la Liste unifiée, a exclu une participation directe à une coalition en raison des tensions actuelles à Gaza et en Cisjordanie, il n'a pas écarté un soutien extérieur ponctuel pour évincer la coalition sortante. Cette option reste toutefois un tabou politique majeur au sein d'une société israélienne profondément polarisée.
L'impasse des alliances traditionnelles
Le paysage politique israélien est marqué par une méfiance accrue depuis le 7 octobre, rendant toute collaboration avec les représentants arabes inacceptable pour une large partie de l'électorat juif. Le Likoud a d'ailleurs axé sa campagne sur la stigmatisation de ces alliances, qualifiées d'actes de trahison. Au sein même du bloc de Gadi Eisenkot, les réticences sont fortes, seul le chef de la gauche, Yaïr Golan, prônant ouvertement un partenariat avec les citoyens arabes pour sortir de l'impasse.
Le spectre d'un retour aux urnes
Face à l'improbabilité d'un gouvernement d'union nationale, le président Isaac Herzog dispose désormais d'un délai constitutionnel pour désigner un candidat capable de former un exécutif. En cas d'échec répété, de nouvelles élections pourraient être convoquées. Ce scénario pourrait paradoxalement servir les intérêts de Benjamin Netanyahu, qui, en tant que Premier ministre intérimaire, conserverait les leviers du pouvoir tout en continuant de cultiver son image de garant de la sécurité nationale face à la menace iranienne, un axe central de sa stratégie électorale.